Tour %26 Taxis, Bruxelles

Brafa, une foire d’antiquaires avant tout

Par Marie Maertens · L'ŒIL

Le 22 décembre 2009

Bernard De Leye, nouveau président de la Brafa (Brussels Antiques & Fine Arts Fair), a impulsé quelques changements à la foire bruxelloise qui se déroule sur le site de Tour & Taxis.

La peinture ancienne et les arts premiers s’en trouvent renforcés, enrichis par le retour ou l’arrivée de nombreux exposants. Parmi eux, la galerie De Jonckheere qui avait délaissé la foire depuis plusieurs années, et marque son retour en mettant en avant l’artiste anversois Jan Wildens. La galerie Leegenhoek revient après un an d’absence, avec des œuvres de la famille Téniers. On remarque aussi la première participation d’un jeune marchand parisien, Philippe Esteves Mendes repéré par ses confrères comme le nouvel œil à suivre…
 
Quant aux arts premiers, ils sont exposés cette année par un nombre record de sept marchands. Patrick Mestdagh baptise sa première Brafa avec des armes mogole et des îles Marquises, tandis que Bernard Dulon soigne sa participation, après un an d’infidélité, avec des classiques de l’art africain.

Une autre des initiatives de Bernard De Leye, pour sa première direction de la foire, est de se rapprocher des institutions trop éloignées, selon lui, du monde des marchands. Il a ainsi convié les musées de la ville de Liège qui exposent quelque quatre-vingts œuvres et objets d’art. Le clou de la visite, qui amènera aussi nombre de visiteurs, est la présentation de l’ensemble des tableaux acquis lors de la vente de Lucerne en 1939. Adolf Hitler vida à cette époque certains musées allemands. De nombreuses œuvres furent détruites, mais cent quatorze tableaux considérés comme « de l’art dégénéré » furent vendus en Suisse et acquis par les musées du monde entier. Liège acheta neuf toiles qui sont prêtées pour la première fois dans leur ensemble. On y compte La Famille Soler de Picasso, Le sorcier d’Hiva-Oa de Gauguin, La Maison bleue de Chagall, ou encore La Mort et les masques de James Ensor.

 Le troisième champ de bataille du directeur, pour placer sa foire parmi les plus grandes, est d’être intraitable vis-à-vis du vetting, c’est-à-dire le contrôle des faux.
Enfin, l’art moderne est moins mis en avant, peut-être parce qu’il subit davantage la crise que les objets anciens de niche, et aussi pour réaffirmer le credo de Bernard De Leye : « Nous sommes avant tout une foire d’antiquaires ! »

« Brafa 2010 », Tour & Taxis, avenue du Port 86 C/ B, 1000 Bruxelles (Belgique),
www.brafa.be, du 22 au 31 janvier 2010.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°620 du 1 janvier 2010, avec le titre suivant : Brafa, une foire d’antiquaires avant tout

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