Lundi 17 décembre 2018

Évian (74)

Autour d’Éluard un cercle de talents

Palais Lumière jusqu’au 26 mai 2013

Par Dominique Vergnon · L'ŒIL

Le 22 mars 2013 - 316 mots

Poète du couple et de la paix, auteur de textes célèbres qui « mettent l’amour dans le paradis », homme engagé dans ses combats contre la maladie, l’oppression et l’injustice, bibliophile avisé, Paul Éluard était aussi, on le sait moins, amateur de cartes postales, « la petite monnaie de l’art et de la poésie ».

Son enthousiasme allait surtout vers ce qu’il nommait l’art sauvage. En quête d’objets exotiques, il voyagea en Asie et en Océanie, notamment en Nouvelle-Guinée dont il admirait la statuaire. Participant à partir de 1924 au mouvement surréaliste, sachant aimanter les talents, il devint l’ami de nombreux artistes qui, en accordant formes et couleurs à ses mots et à ses vers, illustrèrent ses poèmes. Chagall, Magritte, Max Ernst, Picasso, Braque, mais aussi Valentine Hugo, Delvaux, Fernand Léger ou encore André Lhote et Francis Poulenc trouvèrent dans les textes d’Éluard une source inépuisable d’inspiration.

En retour, à chacun d’eux, il dédia de merveilleux poèmes, qui décrivent en quelque sorte leurs propres mondes esthétiques. Soucieux d’élargir ce cercle aux femmes restées en marge du mouvement, il préfaça les recueils publiés par Gisèle Prassinos, Lise Deharme ou Angèle Vannier. Pour Leonor Fini, il composa en 1937 un poème qui servit d’introduction à son exposition. Toute la personnalité d’un Éluard généreux, idéaliste, toujours accessible, apparaît dans ce rôle fédérateur. Ensemble, disait-il, « nous ne faisions qu’un ».

En réunissant près de cent cinquante ouvrages, manuscrits, lettres, journaux, cette exposition souligne à quel point l’écriture a rempli la vie du poète. Beaucoup plus réduite, la part réservée aux peintures et aux pièces de sa collection – on aurait souhaité en voir davantage – ne doit pas faire oublier qu’il avait un goût sûr et que, dans son bureau, à côté des reliures, tableaux et objets représentant l’art primitif occupaient la place d’honneur.

Voir

« Paul Éluard, poésie, amour et liberté », Palais Lumière, quai Albert-Besson, Évian (74), www.ville-evian.fr

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°656 du 1 avril 2013, avec le titre suivant : Autour d’Éluard un cercle de talents

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