Samedi 24 février 2018

Auguste Borget, sur les routes de Chine

Par Laure Meyer · L'ŒIL

Le 28 juillet 2008

« Le Berrichon de Chine » c’est ainsi que son ami Balzac désignait le peintre Auguste Borget (1808-1877). Il était rarissime, au milieu du XIXe siècle, de faire seul le tour du monde au hasard des possibilités qui s’offraient et sans plan préconçu. C’est pourtant ce qu’a réalisé Borget, d’abord sur les rives de la Méditerranée et en Italie. Il est ensuite à New York en 1836, puis se dirige vers l’Amérique du sud. Il traverse alors le Pacifique et parvient à Canton en 1838 avant de repartir pour l’Inde où il tombe malade. Il rentre donc en 1840 à Issoudun, sa ville natale. Le périple a été fécond : Borget revient riche d’une connaissance profonde des populations rencontrées, il rapporte des centaines de dessins pris sur le vif et des paysages. Servie par un métier très sûr, sa vision est résolument réaliste, plus sobre que celle de ses contemporains orientalistes. Les architectures sont précises, la végétation rendue avec exactitude respire la vie. Rentré en France à 32 ans, Borget se fait vite une place dans le monde des arts, parmi ses amis romantiques. Il fixe sur la toile à l’huile ses souvenirs et ses visions d’autres mondes. Jouissant de la faveur de Louis-Philippe, il participe au Salon, publie des albums, expose, reçoit une importante commande pour la Manufacture de Sèvres et écrit des articles. Malgré une notoriété certaine, il tombe pourtant rapidement dans l’oubli après sa mort. Exposées par les musées de Hong Kong et de Macao, ses œuvres révélées à Issoudun sont une découverte pour les Français.

ISSOUDUN, Musée de l’Hospice Saint-Roch, jusqu’au 28 juin, cat. textes de Sophie Cazé, Loïc Stavrides, Cécile Debray, 160 p.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°506 du 1 mai 1999, avec le titre suivant : Auguste Borget, sur les routes de Chine

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