musée

Alvaro Siza, maître de l’épure

L'ŒIL

Le 1 décembre 1999 - 245 mots

L’exigence expérimentale de l’architecte Alvaro Siza n’est pas de celle qui s’exprime dans un registre tapageur. Au contraire, ses réalisations possèdent une tranquille évidence, comme si elles surgissaient d’une autre époque pour s’inscrire naturellement dans le paysage. Pour autant l’extraordinaire renommée dont jouit actuellement ce Portugais né en 1933 n’est pas le fruit du hasard. Figure emblématique de l’architecture contemporaine, ce lauréat de nombreux prix internationaux s’attache à éprouver toutes les potentialités d’une modernité tant décriée ces derniers temps.
En s’inspirant du vocabulaire de Le Corbusier, d’Oscar Niemeyer et surtout d’Alvar Aalto, il construit des bâtiments où la simplicité des masses permet à la lumière de se transformer en symphonie lumineuse. Avec la somptueuse église Santa Maria à Marco de Canavezes, puis le Pavillon du Portugal pour l’Exposition Universelle de 1998 – immense voile de béton incurvé comme suspendu entre deux bâtiments aux lignes rigoureuses – Siza réalise là deux œuvres à la fois audacieuses dans le traitement des espaces et simultanément si évidentes dans la géométrie des façades. Mais ce que cette exposition démontre surtout, à travers maints croquis et plans, c’est la très grande attention que ce maître accorde au design intérieur, n’hésitant pas à redessiner la moindre poignée de porte pour qu’elle s’accorde aux dépouillements qu’il recherche. L’extraordinaire et indispensable catalogue prolonge le parcours en proposant une étude exhaustive des réalisations mais aussi des projets de cet architecte.

VICENCE, Basilica Palladiana, jusqu’au 30 janvier, cat. 600 p., 1200 ill., 200 000 L.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°512 du 1 décembre 1999, avec le titre suivant : Alvaro Siza, maître de l’épure

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