Mercredi 25 novembre 2020

Deux hommes condamnés dans le mystérieux vol du Palais Fesch

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 30 octobre 2012 - 405 mots

AJACCIO [30.10.12] – Deux hommes ont été condamnés vendredi 26 octobre à quatre ans et deux ans de prison ferme par le tribunal d’Ajaccio, suite au mystérieux vol, en 2011, de quatre toiles du musée Fesch.

Le 19 février 2011, quatre toiles du musée Fesch d’Ajaccio étaient dérobées pendant la nuit. Après la découverte du vol, un des gardiens de nuit, Antoine Mocellini s’était rendu à la police, avouant avoir pris les œuvres en otage pour faire pression sur le préfet et bénéficier d’un logement social. Mais alors que la police se rend au château de la Punta pour retrouver la voiture du gardien (dans laquelle il aurait caché les œuvres), elle n’y trouve qu’une voiture vide à la fenêtre cassée.

S’en suivent seize mois durant lesquels, malgré l’interpellation d’une dizaine de personnes, dont le gérant de bar Christian Andarelli, aucune piste n’est concluante. Le 4 mai 2012 , les toiles réapparaissent, intactes, dans un parking au nord d’Ajaccio. Antoine Mocellini et Christian Andarelli restent alors les deux principaux suspects, soupçonnés de vol en bande organisée.

Le gardien, Antoine Mocellini, déjà incarcéré, a été condamné à cinq ans de prison, dont un avec sursis, et une interdiction d’exercer sa profession pendant cinq ans. Appelé à la barre, il a présenté son geste comme « un acte revendicatif et non lucratif », et a répété avoir agi seul.

Son présumé complice, Christian Andarelli, soupçonné d’avoir transporté les tableaux, a écopé de deux ans de prison ferme, et se trouvait sous contrôle judiciaire lors du procès. Contrairement à Mocellini, il a nié les faits, donnant des explications plutôt confuses sur le déroulement de sa soirée et ne s’est pas expliqué sur les 14 coups de téléphones de son complice ni sur le récit d’un témoin, ayant aperçu les deux hommes sur un parking.

L’affaire reste malgré tout confuse. Si Mocellini avait volé les tableaux en premier lieu, avec l’aide présumée d’Andarelli, l’identité des receleurs, qui ont mystérieusement fait réapparaître les œuvres après seize mois, reste inconnue. Quant aux divers recours demandés par les avocats du gardien (expertises ADN des tableaux et sacs plastiques dans lesquels ils étaient emballés, études des caméras vidéosurveillances et auditions de témoins) ils ont été refusées par la juge d’instruction. La défense aurait dénoncé « une clôture hâtive de l'instruction » selon l’AFP ; un propos appuyé par le quotidien Corse-Matin, pour qui la justice « sait aussi se contenter de demi-vérités ».

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