La Défense

Une église entre le CNIT et la tour FIAT

Un projet signé Franck Hammoutène

Le Journal des Arts

Le 1 novembre 1994

Un nouvel édifice doit s’élever sur le parvis de La Défense, entre le CNIT et la tour FIAT, un bâtiment pas tout à fait comme les autres, une église, Notre-Dame de la Pentecôte, signée par l’architecte Franck Hammoutène.

LA DÉFENSE - Dans ce quartier de La Défense où vivent, transitent et s’affairent quotidiennement 130 000 personnes, il manquait un lieu de culte. Décidé par l’évêque de Nanterre, un concours d’architectes a été lancé sur esquisses en mars 1994. Sur 188 dossiers déposés, 8 ont été retenus. Le jury, composé d’hommes d’église et d’architectes, a finalement couronné le projet de Franck Hammoutène devant celui du cabinet Ibos et Vitart.

"L’imagination d’Ibos et Vitart aboutissait à une église superbe, mais peu commode et mal adaptée, car difficile d’accès" précise Mgr Favreau, évêque des Hauts-de-Seine : une soucoupe volante posée sur quatre pieds à 20 mètres du sol, au-dessus d’un bassin d’eau ; un circuit ambulatoire autour de l’ellipse ; des ascenseurs. En retenant Franck Hammoutène, l’église devenait plus fonctionnelle, plus conforme à l’idée "d’ouverture" qui est sa vocation première.

Pour l’architecte, qui a déjà œuvré à La Défense en aménageant le toit de la Grande Arche et travaille actuellement sur deux projets muséographiques à La Villette et au Palais de Tokyo, bâtir une église est sans doute le plus beau programme dont on puisse rêver. "Rien n’est plus émouvant que l’architecture sacrée, dit-il, on ne peut construire un lieu de culte comme n’importe quel bâtiment. Le projet de La Défense est d’autant plus motivant que cette église, lieu de silence et de recueillement, s’inscrit dans un environnement en perpétuelle ébullition. Ce contraste m’a séduit."

Notre-Dame de la Pentecôte, implantée dans un contexte très spécifique, jouera sur la différenciation des matériaux et le contraste des couleurs. Ni béton, ni verre réfléchissant donc. Deux plans verticaux, en poudre de pierre et de verre, l’un portant la croix qui sera dans l’axe de Paris, l’autre masquant les voies rapides alentours, refléteront la lumière. Derrière, un jardin de verdure, de bambous et de fougères, sorte de "vitrail végétal", tranchera dans cet univers minéral. Enfin, l’église elle-même, un cube de pierre blanche de 25 mètres de haut sur trois niveaux comprendra les différents éléments répondant aux exigences de l’exercice du culte, et tous les services qui en découlent.

Le chantier, qui débutera fin 1995, s’insère dans un programme général de construction de quatre églises à Paris et dans la banlieue. Beau programme lorsque l’on sait qu’hormis la cathédrale d’Evry de Mario Botta, qui continue de déclencher des polémiques après l’effondrement d’une partie de son toit, cinq églises seulement ont été construites en France dans les dix dernières années, dont la plupart en région parisienne.

Un budget de 25 millions de francs est prévu pour La Défense, dont 10 millions pour l’aménagement de la dalle et les fondations. Notre-Dame de la Pentecôte reposant en effet sur les gares d’autobus et un réseau piétonnier souterrain, d’importants travaux de soubassement sont nécessaires. Il est entièrement pris en charge par les Chantiers du Cardinal, "ces bâtisseurs d’églises", eux-mêmes financés exclusivement par des dons privés de fidèles.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°8 du 1 novembre 1994, avec le titre suivant : Une église entre le CNIT et la tour FIAT

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