Vendredi 13 décembre 2019

Une arche pour un nouveau phare de la création

Par Christian Simenc · L'ŒIL

Le 29 octobre 2019 - 461 mots

Bordeaux -  Planté sur la rive gauche de la Garonne, dans le quartier Saint-Jean - Belcier, cet édifice inauguré cet été a été trivialement baptisé la « Méca », un acronyme impropre pour Maison de l’économie créative et de la culture.
Il réunit en ses murs trois organismes régionaux : l’Office artistique de la région Nouvelle-Aquitaine (Oara), consacré au spectacle vivant, l’Agence livre, cinéma et audiovisuel (Alca) et le Fonds régional d’art contemporain (Frac). Un triumvirat que l’architecte danois Bjarke Ingels (BIG), associé à l’agence française Freaks, a choisi de loger ensemble dans une monumentale arche asymétrique de 120 m de long et 37 m de haut. Surface totale : 18 000 m2, déployés sur six niveaux. Coût des travaux : 60 millions d’euros.Pour faire simple, on peut dire que les deux piles latérales logent d’un côté l’Oara, de l’autre l’Alca, et que le « volume-pont » qui les relie héberge le Frac. L’Oara (3 600 m2) dispose d’un plateau scénique de 360 m2, pouvant accueillir 250 spectateurs assis, et d’un studio de danse de 80 m2. L’Alca (1 900 m2) bénéficie, elle, d’une salle de projection de 80 places et de bureaux de production. Quant au Frac, il a, côté surface, pris ses aises avec 4 600 m2, dont 1 200 m2 d’espace d’exposition et 900 m2 de réserves, et va ainsi pouvoir montrer, dans de meilleures conditions, sa collection : soit plus de 1 200 œuvres de 461 artistes. Au rez-de-chaussée, le hall d’entrée, ouvert côté rue et côté fleuve, consiste en un immense espace permettant de se diriger vers chacune des trois entités, et accueille, entre autres, un auditorium et une cafétéria. Tous les matériaux, tels les murs de béton, ont été conservés à l’état brut. Les plafonds, eux, ont été revêtus d’un « écran » en aluminium permettant de dissimuler tuyauterie et autres fils électriques.Comme il est de mise avec une silhouette extérieure qui impose autant son gabarit, le parcours, à l’intérieur, devient, par moments, labyrinthique, et l’espace, un brin étriqué. C’est le cas de certaines salles d’angle, transpercées par les poteaux de l’imposante structure. Ailleurs, la notion de transparence s’exprime à plein grâce à des percements judicieux, telle cette salle dédiée à la pratique artistique qui jouit d’une vue imprenable sur la Garonne, en contrebas. Clin d’œil à la pierre emblématique de la capitale girondine, le bâtiment tout entier est habillé de 4 800 panneaux de béton teinté dans la masse, de couleur beige.La Méca, selon ses auteurs, se veut « fenêtre urbaine ». Au sol d’abord, un jeu de marches et de rampes permet de traverser l’édifice de part en part, de jour comme de nuit, faisant grimper le visiteur à quelque 12 mètres au-dessus du fleuve. A contrario, au 5e étage, une terrasse offre un panorama spectaculaire sur le nord-ouest de la ville.
À savoir
Bjarke Ingels, 45 ans, a ouvert l’agence Bjarke Ingels Group, en 2005, à Copenhague et possède aujourd’hui des filiales à New York et à Londres. Outre la Méca, à Bordeaux, il a, cette année, achevé en France le nouveau magasin des Galeries Lafayette, sur les Champs-Élysées. L’agence Freaks, elle, a été fondée par Guillaume Aubry, Cyril Gauthier et Yves Pasquet en 2010, année où le trio a décroché un prix des Albums des jeunes architectes et paysagistes (AJAP).
À voir
La Méca, quai de Paludate, Bordeaux (33), fracnouvelleaquitaine-meca.fr

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°728 du 1 novembre 2019, avec le titre suivant : Une arche pour un nouveau phare de la création

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