Vendredi 6 décembre 2019

Transport

Turin, ville ouverte

Par Gilles de Bure · Le Journal des Arts

Le 29 novembre 2011 - 411 mots

Exemple abouti de multimodalité, la nouvelle gare TGV de Turin est une galerie urbaine et ouverte à tous.

TURIN - Ancienne capitale des États de Savoie (1563-1720), du royaume du Piémont-Sardaigne (1720-1861) et du royaume d’Italie (1861-1865), Turin aujourd’hui capitale du seul Piémont, n’a rien perdu de sa gloire ni de sa puissance. Puissance avant tout économique avec, en pointe, l’industrie automobile (Fiat), l’agroalimentaire (Lavazza, Martini…), la mode et le textile, la banque et l’assurance… Côté architecture, avec un chapelet d’édifices religieux (parmi lesquels l’étonnante Gran Madre di Dio), quelques merveilles baroques (palais Carignan, palais Madame…) et le plus bel ensemble d’architecture rationaliste et fasciste (Via Roma), Turin n’a rien perdu, non plus, de son éclat. Sans oublier le Lingotto, ancienne colossale usine automobile transformée en centre de congrès, commercial et culturel par Renzo Piano avec, sur le toit, dominant l’ancienne piste d’essai, la pinacothèque Giovanni et Marella Agnelli installée dans une sorte de soucoupe volante en verre et qui, à elle seule, vaut le détour. Ni la Mole Antonelliana, une tour de 167 mètres de haut, destinée à l’origine à être une synagogue et qui accueille le plus important musée du cinéma en Europe, aménagé par François Confino.

Réalisation exemplaire
Mais, en cet automne 2011, l’événement architectural est l’inauguration de la nouvelle gare de Porta Susa, due au talent de l’agence Arep (Jean-Marie Duthilleul et Étienne Tricaud) et de Silvio D’Ascia. Soit une galerie urbaine et ouverte à tous, couverte d’une majestueuse verrière, longue vague mouvante de 385 mètres de long et 30 mètres de large, équipée de capteurs voltaïques monocristallins et qui semble perpétuer, prolonger le parcours « portica » turinois, fait de 18 kilomètres de rues à arcades qui permettait à la famille royale d’arpenter les rues de la ville en échappant à la pluie et à la neige, fréquentes à Turin.

L’équipe franco-italienne a été chargée de cette réalisation exemplaire à l’issue d’un concours international organisé en 2002. C’est d’ailleurs le principe de multimodalité qui leur a valu cette victoire. Un principe formalisé par cinq niveaux superposés qui absorbent les dénivelés urbains et regroupent un concentré de transports et de services : TGV, trains régionaux, métro, bus, tramway, voiture, deux roues, services urbains, commerces… Le tout desservi par des circulations verticales extrêmement fluides sur cinq niveaux enterrés, mais que l’immense verrière permet d’éclairer a giorno. « Même le quai le plus profond devient un trottoir de la ville. Ici, tout est lumineux, traversant, transparent », confie Silvio D’Ascia.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°358 du 2 décembre 2011, avec le titre suivant : Turin, ville ouverte

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