ARCHITECTURE

Sarfati, Jacquet, Dusapin et Leclercq

Par Gilles de Bure · Le Journal des Arts

Le 20 janvier 2009

Petites(s) forme(s).

Oui, la crise ! Elle est là et bien là, qui touche aussi le bâtiment. Et lorsque le bâtiment ne va pas… les agences d’architecture font profil bas. On ne renouvelle plus les contrats à durée déterminée, on licencie, les projets se font de plus en plus rares, on en réduit certains déjà engagés, d’autres sont mis en « stand-by »… Même les grosses cylindrées de l’architecture nationale (Nouvel, Perrault, Portzamparc, Ricciotti, Valode & Pistre, Vasconi), lesquels néanmoins en ces années 2008-2009, inaugurent à tout va (de Corée aux États-Unis, du Danemark à Dubaï, d’Espagne au Brésil, de Russie en Chine), font le dos rond.
Et pourtant, en ces temps de petite forme, on achève, en France, toute une série de petites formes, de petits formats, dans les territoires de la culture, de l’éducation et du sport.
À Roanne (Loire), avec Le Scarabée, espace polyvalent destiné à accueillir des manifestations culturelles, sportives, économiques ou événementielles, Alain Sarfati livre ce qu’il nomme un « étrange attracteur ». Soit un équipement public de 7 000 m2 doté d’une grande salle centrale (1 000 places en gradins fixes et 1 500 en gradins mobiles), à la structure béton orthogonale, mais agrémentée d’une carapace ondulante en aluminium perforé qui compose un drapé aux couleurs changeantes. De son côté, Jean-Michel Jacquet réalise pour le lycée Franklin-Roosevelt de Reims (Marne) —  grand vaisseau de brique où fut signé l’armistice de 1945  —, une astucieuse extension, qui se faufile dans les différentes cours du lycée et accueille une médiathèque, un amphithéâtre et un laboratoire sans rupture d’ambiance ni d’échelle.
À Paris, c’est le tandem Dusapin et Leclercq qui s’attaque à l’Insep (Institut national du sport et de l’éducation physique) dont les 30 hectares, situés au cœur du bois de Vincennes, accueillent déjà une quarantaine de bâtiments, près de 600 athlètes dont plus de 300 en internat et, puisqu’il s’agit bien de cela, 21 disciplines sportives allant de la natation à la boxe, de l’athlétisme au basket… Là, au cœur de cet ensemble qui fut un élément essentiel de la préparation militaire (1945) avant d’être dévolu au sport de haut niveau (1975), les architectes livrent un nouveau pôle qui réunit quatre disciplines  : la gymnastique (3 300  m2), l’escrime (3  400 m2), la lutte (1 600 m2), le taekwondo (1 600 m2), ainsi que des espaces d’hydro-récupération, de musculation et d’aide à la performance (1 700 m2). Le tout regroupé sur plusieurs niveaux de part et d’autre d’une rue intérieure qui scinde le volume en deux parties. Calme et puissant volume tout à la fois dont la peau extérieure est un délicat plissement de bois.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°295 du 23 janvier 2009, avec le titre suivant : Sarfati, Jacquet, Dusapin et Leclercq

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