Dimanche 27 septembre 2020

Pavillons d'été

Par Christian Simenc · L'ŒIL

Le 9 août 2016 - 438 mots

LONDRES - Chaque été depuis 2000, s’élève en plein cœur de Hyde Park, à Londres, aux abords de la Serpentine Gallery, un pavillon provisoire imaginé par une vedette de l’architecture internationale.

L’originalité de ce programme concocté par la fameuse institution culturelle est, à chaque fois, de faire intervenir un maître d’œuvre n’ayant encore jamais construit sur le sol britannique. S’y sont ainsi succédé des personnalités aussi diverses que Sou Fujimoto, Frank Gehry, Smiljan Radić, Oscar Niemeyer, José Selgas & Lucia Cano ou Zaha Hadid.

Le cahier des charges est des plus simples : dessiner un pavillon de 300 m2 qui, le jour, abrite un café et un espace de détente pour les visiteurs et, la nuit, des performances proposées par des artistes, des écrivains et autres musiciens.

La bonne idée, surtout, est de « présenter l’architecture contemporaine non pas à travers une exposition de dessins et de maquettes, mais de formes construites ».

Cette année, le pavillon, seizième au compteur, est conçu par le Danois Bjarke Ingels, jeune architecte en vogue de 41 ans, fondateur de l’agence BIG (Bjarke Ingels Group), à Copenhague. Son projet : « Un mur qui s’ouvre comme une fermeture éclair », explique Bjarke Ingels. L’exercice se décline à partir de l’un des principes les plus basiques de l’architecture : le mur de brique. Sauf que la brique de terre ou le bloc de pierre sont, ici, remplacés par des modules ajourés en fibre de verre extrudée, empilés (et fixés) les uns sur les autres, un point c’est tout. La forme est assurément étonnante : une ligne droite qui se transforme d’abord en surface, avant de se métamorphoser à nouveau en un spectaculaire espace en trois dimensions. L’effet est impressionnant. Selon l’angle de vue du spectateur, la structure offre ainsi de multiples aspects traditionnellement perçus comme antinomiques : elle se fait autant rigoureuse que libre, modulaire que sculpturale, opaque que transparente. C’est à la fois une « boîte » solide et, à l’inverse, un volume évanescent, aussi immatériel qu’une goutte d’eau.

Pour la première fois, cette année, le pavillon « officiel » est « augmenté » de quatre Summer Houses supplémentaires d’une surface de 25 m2 chacune, inspirées par le temple de la reine Caroline, maison d’été de style classique érigée en 1734 à deux pas de la Serpentine Gallery. Elles sont les œuvres du Nigérian Kunlé Adeyemi (Amsterdam/Lagos), du duo germano-américain Regine Leibinger & Frank Barkow (Berlin/New York), du Français Yona Friedman (Paris)
et de l’Anglais Asif Khan (Londres).

À savoir

Édifié à l’aide de 1802 modules en fibre de verre, le Summer Pavilion 2016 signé Bjarke Ingels mesure 27 m de long, 12 m de large et 14 m de haut. Il est ouvert jusqu’au 9 octobre. www.big.dk

À voir

Serpentine Gallery, Kensington Gardens, London W2 3XA, www.serpentinegalleries.org

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°693 du 1 septembre 2016, avec le titre suivant : Pavillons d'été

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