Paris, à nouveau une place excitante

Le point de vue de la presse étrangère

Par Roxana Azimi · Le Journal des Arts

Le 30 juillet 2007

Si l’exposition « La force de l’art » (Grand Palais, 2006) a été au mieux ignorée, au pire dénigrée par la presse étrangère, « Airs de Paris » suscite davantage d’enthousiasme. « Après la “Force de l’art”, on pensait que la France allait encore célébrer son génie de manière autiste, mais la bonne surprise dans “Airs de Paris”, c’est que les artistes ne nous disent pas “regardez-nous comme nous sommes beaux”. Il y a beaucoup plus d’ouverture sur le monde », apprécie Jean-Marie Wynant, journaliste au quotidien belge Le Soir. Une ouverture que la presse allemande, très présente lors du vernissage, a aussi relevée. « Au premier regard, les titres des chapitres font penser à un ouvrage de sociologie, mais si on s’adapte, c’est intéressant, observe Martina Meister, du quotidien Frankfurter Rundschau. On fantasme beaucoup sur d’autres villes comme Berlin, mais Paris nourrit encore les artistes. » Même son de cloche chez Octavi Marti, correspondant du quotidien espagnol El País : « Si on faisait une exposition avec des gens travaillant à Berlin, New York ou Madrid, on aurait le même résultat. Ce n’est ni mieux ni moins bon qu’ailleurs. » Pour le Britannique James Beechey, journaliste au Burlington Magazine, l’exposition « a donné la sensation que Paris est à nouveau une place excitante, ce que les Britanniques tendaient à oublier depuis les années 1960. “Airs de Paris” a aussi réussi à éviter le nationalisme, peut-être grâce au co-commissariat de Daniel Birnbaum [critique d’art et commissaire d’exposition en Allemagne] ». La plupart des journalistes interrogés estiment que cette exposition pourrait parfaitement être exportée, ce qui fait d’autant plus regretter qu’elle ne le soit pas.
La circulation provoque toutefois des sentiments mitigés. James Beechey trouve le parcours trop confus, précisant « qu’après les premières salles très concentrées on perd le fil ». La section dédiée à l’architecture et au design paraît aussi quelque peu incongrue. « J’aurais préféré que ce soit intégré de manière plus logique, avec des œuvres plus convaincantes », note Martina Meister.
L’exposition a surtout réussi à réveiller le mammouth. « Beaubourg est le gros musée où l’on va voir les rétrospectives d’artistes sanctifiés, mais le lieu ne semblait plus en prise avec ce qu’il se passe, indique Jean-Marie Wynant. Ce n’est pas en une exposition que Beaubourg va se transformer en gigantesque atelier de création permanente, mais il serait dommage que le lieu ne profite pas de cette occasion pour se secouer. » Un conseil à méditer.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°259 du 11 mai 2007, avec le titre suivant : Paris, à nouveau une place excitante

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