Salon

Montrouge fait peau neuve

Par Frédéric Bonnet · Le Journal des Arts

Le 12 mai 2009

Un vent frais souffle sur la 54e édition de ce festival dédié à la jeune création.

MONTROUGE - Le Salon d’art contemporain de Montrouge (Hauts-de-Seine), qui chaque année se consacre à la création émergente en France en présentant des artistes en début de carrière ou en fin d’études, est une institution d’âge mûr. Une maturité dont il était toutefois devenu urgent de dépoussiérer l’aspect. C’est chose faite avec cette 54e édition, qui a vu l’arrivée aux commandes de l’ancien galeriste parisien Stéphane Corréard, lequel a complètement refondu l’organisation.

Les nouveaux lieux d’exposition contribuent largement au changement d’image de la manifestation. En quittant le Théâtre de Montrouge, devenu inaccessible pour cause de travaux, celle-ci n’a pas perdu au change en investissant d’anciens locaux du groupe Areva dont l’échelle et le caractère industriel participent indéniablement de la nouvelle énergie insufflée.

Dans une grande halle, la designeuse Matali Crasset a imaginé une scénographie simple et sobre, où des cloisons en bois aggloméré forment des alvéoles à l’intérieur comme à l’extérieur desquelles sont accrochées les œuvres.

Si le principe reste le même – offrir à ces jeunes artistes une tribune qui souvent est leur première –, la forme a changé en ce que la sélection est moins pléthorique ; elle est en effet passée d’environ deux cents invités auparavant à quatre-vingt-six aujourd’hui. Ce resserrement induit une réelle amélioration en termes de lisibilité, et sert davantage les sélectionnés, lesquels ont ainsi la possibilité de montrer plusieurs œuvres et non plus une seule. Invité d’honneur du Salon, Arnaud Labelle-Rojoux, qui enseigne à la Villa Arson, à Nice, a souhaité y convier quinze de ses étudiants de 5e année, regroupés dans un « Pavillon Arson » très énergique.

Afin d’affiner sa sélection, Stéphane Corréard a revu le mode de désignation en mettant en place un collège critique composé de dix-huit membres, parmi lesquels Emmanuelle Lequeux, Patrice Joly, Erik Verhagen, Manou Farine ou Clara Schulmann. Tous ont défendu leurs poulains à travers des commentaires insérés dans les cartels ou des textes publiés dans le catalogue, repensé lui aussi sur le mode d’un système de fiches autonomes consacrées à chaque participant.

Si nulle cohérence d’ensemble n’est à attendre de ce type de manifestation, certaines de ces expérimentations très diverses donnent envie d’en voir plus, comme le film d’animation d’Antoine Dorotte, les dessins virtuoses de Bayrol Jiménez, les sculptures bouleversées de Jean-François Leroy ou Damien Berthier, ou encore le cinéma sans images de Pierric Favret. Quant au prix de Montrouge 2009, il est allé au film de Kaori Kinoshita et Alain Della Negra, duo qui bénéficiera d’une exposition au Palais de Tokyo dans un an. « Qu’attendre d’une truffe sinon qu’elle ait du flair ? », interrogeait Labelle-Rojoux sur le carton d’invitation à l’inauguration. À Montrouge, on renifle désormais avec un nouvel entrain !

54e Salon d’art contemporain de Montrouge 2009, jusqu’au 20 mai, La Fabrique, 51, av. Jean-Jaurès, 92120 Montrouge, tél. 01 46 12 75 74, tlj 12h-20h, jusqu’à 22h30 le mercredi 20 mai. Catalogue publié par la Ville de Montrouge.

54e SALON DE MONTROUGE
Direction artistique et commissariat général : Stéphane Corréard, assisté de Sandra Cattini Nombre d’artistes exposés : 101 (86 15)

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°303 du 16 mai 2009, avec le titre suivant : Montrouge fait peau neuve

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