ARCHITECTURE

Jacques Ferrier

Dans un an, dans un jour

Par Gilles de Bure · Le Journal des Arts

Le 28 avril 2009

« Durable… Moi j’ai dit durable ? Comme c’est écologique ! » On s’amuse à imaginer un dialogue signé Jacques Prévert, du type de celui qui confronte Louis Jouvet et Michel Simon (« Bizarre… Moi j’ai dit bizarre ? Comme c’est étrange ! ») dans Drôle de drame, de Marcel Carné (1937), adapté à la situation actuelle – mode et nécessité conjuguées.

Bref, l’heure est à l’architecture durable (« soutenable », en franglais) et l’on n’en finit plus de labelliser HQE (Haute qualité environnementale). Une HQE violemment brocardée par l’architecte Rudy Ricciotti dans son ouvrage HQE (éd. Transbordeurs, 2007), tant il est vrai que la différence entre une règle de vie et un règlement administratif est abyssale. Bref, depuis une dizaine d’années déjà, fleurissent ici ou là nombre de bâtiments durables, soutenables, écologiques aux qualités environnementales ou architecturales variables.
Aujourd’hui, l’attention se concentre sur le projet du Pavillon France pour l’Exposition universelle qui prendra place à Shanghai (Chine) du 1er mai au 31 octobre 2010. Une manifestation qui réunira deux cents pays et accueillera, prévoit-on, cent millions de visiteurs.
à la suite d’un concours opposant quarante-sept équipes, c’est donc celle de Jacques Ferrier qui l’a emporté avec un projet qui mêle de façon indissociable l’univers artificiel à celui de la nature. Soit une architecture suspendue à une résille minérale posée comme en lévitation au-dessus d’un vaste plan d’eau. Creuse, l’architecture. Le  grand vide central étant habité par un gigantesque jardin à la française vertical. Jardin qui se démultiplie à l’infini dans les reflets du plan d’eau. Alimentée grâce à un procédé complexe de goutte-à-goutte, la gigantesque cascade verte verra ses couleurs et ses senteurs se modifier au rythme des saisons. « La France reçoit en son jardin », confie l’architecte, qui a nommé son pavillon La Ville sensuelle, puisque y seront largement mis en évidence le goût, le toucher, l’odorat, l’ouïe et la vue. De quoi conforter l’opinion des Chinois, pour qui la France est, par excellence, le pays du romantisme et de la sensualité.
Commencés en novembre 2008, les travaux vont bon train. Si tout va bien, on peut dès aujourd’hui, pour ce qui concerne l’ouverture du Pavillon France, se référer à la chanson de Johnny Hallyday Dans un an, dans un jour. En cas de retard, on lui substituera le Dans un mois, dans un an de Françoise Sagan (éd. Julliard, 1957).

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°302 du 2 mai 2009, avec le titre suivant : Jacques Ferrier

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