Vendredi 19 octobre 2018

Monographie

It’s all Wright

Par Philippe Régnier · Le Journal des Arts

Le 13 mai 2005 - 477 mots

Le peintre qui vit et travaille à Glascow a réalisé plusieurs œuvres « in situ »
au cours de sa résidence au Domaine de Kerguéhennec.

KERGUÉHENNEC - Richard Wright est un peintre minutieux. Il est aussi un artiste qui sait prendre son temps. Un mois lui a ainsi été nécessaire pour réaliser les œuvres in situ qu’il présente actuellement au Domaine de Kerguéhennec. Un mois d’une résidence en Bretagne qui s’est déroulée du 22 mars au 23 avril.
Le Britannique n’en est pas à son premier paradoxe, puisqu’en entrant dans les anciennes écuries, ce qui frappe d’abord le visiteur, c’est le vide. L’artiste adepte du wall painting requiert en effet de son public une certaine attention et… une bonne vue. Une frise se déploie d’abord à plusieurs mètres de hauteur, fins entrelacs bleu ciel. Plus loin, dans un angle, sont peintes comme une succession de flèches superposées indiquant la direction du sol. Au-dessus d’une porte encore, sur l’une des surfaces les plus ingrates de la salle, sont tracés plusieurs motifs graphiques. La peinture pour Wright (né en 1960 à Londres) est assurément une question d’exploit, de résistance. Il cherche l’endroit difficile à atteindre, le motif impossible à reproduire et qu’il serait pourtant si facile à réaliser en sérigraphie. Il pose aussi ses touches délicatement dans l’espace, pesant l’équilibre de ses compositions en fonction des volumes du lieu, des proportions de l’architecture. Sa peinture joue enfin d’une partition originale, une petite musique qui s’inscrit dans une tradition bien établie de l’art abstrait, tendance géométrique dévoyée, mâtinée de graphisme.
Ce dernier point devient évident dans les alvéoles de l’ancienne bergerie dans lesquelles est présentée une sélection de ses travaux sur papier. Dans la première salle est ainsi accrochée une composition d’où se détache une couronne royale entourée d’arabesques du plus bel effet. Plus loin, un dessin est construit autour d’un jeu de lettres pixelisées avant que ne se succèdent des travaux géométriques.
Richard Wright est issu de la très active scène de Glasgow. Dans cette ville d’Écosse vivent et travaillent aujourd’hui des artistes aux parcours aussi différents que ceux de Ross Sinclair, Douglas Gordon, Christine Borland, Roderick Buchanan, David Shrigley, Simon Starling… En France, les œuvres de Richard Wright ont été présentées pour la première fois en 1996 dans le cadre de l’exposition « Life/Live », à l’ARC/Musée d’art moderne de la Ville de Paris. L’artiste a aussi participé en 1998 à Luxembourg à la Manifesta 2, la Biennale européenne d’art contemporain. Depuis, il a fait du chemin et il est aujourd’hui représenté par la très puissante Gagosian Gallery (New York, Londres) qui lui a organisé à New York de janvier à mars sa première exposition personnelle aux États-Unis. Richard Wright : un artiste que nous devrions assez vite revoir.

RICHARD WRIGHT

Jusqu’au 19 juin, Domaine de Kerguéhennec, 56500 Bignan, tél. 02 97 60 44 44, tlj sauf lundi 10h-18h

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°215 du 13 mai 2005, avec le titre suivant : It’s all Wright

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