Dimanche 25 février 2018

Rome

Et Anselm Kiefer créa la femme...

Le Journal des Arts

Le 24 septembre 2007

L’artiste allemand présente ses réflexions
autour des grandes figures féminines à la Villa Médicis.

ROME - L’artiste allemand Anselm Kiefer a été invité par l’Académie de France à réaliser, en collaboration avec les Rencontres internationales d’art Graziella Lonardi, une nouvelle intervention à la Villa Médicis. Dans une récente exposition personnelle au Musée archéologique de Naples, Kiefer avait interrogé les mythes et la culture de la Méditerranée. À Milan, dans l’ancien hangar industriel alla Bicocca, il expose jusqu’au 12 février ses « Sept Palais du ciel » en béton armé et plomb, réflexion sur la condition humaine. Cette fois-ci, son travail porte sur le thème des grandes figures féminines, à la fois dans l’histoire et dans les mythologies classiques et nordiques. La Villa Médicis, où se tient l’exposition jusqu’au 8 mars, était l’endroit idéal pour accueillir cette réflexion. Le lieu porte encore l’empreinte de nombreuses femmes célèbres – à commencer par les puissantes reines de France – et il recèle de nombreux marbres antiques féminins, réunis là par le cardinal Ferdinand de Médicis : la Vénus Médicis, transférée de nuit de Florence pour échapper aux désordres de 1667, l’Ariane endormie, longtemps identifiée comme Cléopâtre à cause de son bracelet en forme de serpent, et le tragique groupe Niobé et sa fille, punies pour avoir offensé Léto.

Des pièces inédites réalisées pour l’exposition
L’exposition se déploie dans les galeries, l’atelier du Bosco et la Loggia, au milieu des grandes figures féminines du passé, reines de France et poétesses de la Grèce antique, vestales et divinités, de Mme de Staël à Bérénice, de Sapho à Daphné. Hormis les célèbres livres de plomb (devenus l’icône d’Anselm Kiefer) et quelques dessins monumentaux, cette exposition se compose d’œuvres inédites réalisées pour l’occasion : sculptures et installations nouvelles, petits vêtements de plâtre assemblés avec divers matériaux. Ces derniers reprennent le modèle de ceux exposés en 2003 dans ce même lieu dans le cadre de la collection Graziella Lonardi, comme Frauen der Antike, œuvre composée de 20 vêtements en plâtre avec portemanteaux, roses séchées et fil de fer barbelé. Ici, l’idée est identique mais elle diffère par la réalisation, le choix des matériaux et le type d’habits (il s’agit de longs vêtements d’époque, avec buste rigide).
Cette exposition n’a pas fait l’objet d’un catalogue à proprement parler. Elle sera toutefois présentée dans un livre d’art qui ne sortira qu’après l’inauguration et qui rassemblera des photos de Claudio Abate, accompagnées de textes critiques de Henri Loyrette, Pierre Morel, Giacomo Marramao et d’un long entretien de l’artiste avec Philippe Dagen.

Anselm Kiefer a Villa Medici. Die Frauen

Jusqu’au 8 mars, Académie de France à Rome, Villa Médicis, 1, Viale Trinità dei Monti, Rome, tél. 39 06 67 611, www.villamedici.it, tlj sauf mardi 11h-19h. Livre d’art publié à l’occasion par Edizioni dell’Elefante en collaboration avec l’Académie de France.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°208 du 4 février 2005, avec le titre suivant : Et Anselm Kiefer créa la femme...

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