Dimanche 15 décembre 2019

Disparition

Disparition de l’artiste Marco Del Re 

Par Jinane Dolbec · lejournaldesarts.fr

Le 3 décembre 2019 - 370 mots

PARIS

Marco Del Re qui vient de disparaître était tout aussi italien que français. Né à Rome en 1950, il a vécu et travaillé à Paris pendant trente ans.

Marco del Re - photo Galerie Maeght
Marco del Re
© Galerie Maeght

En 1970, il entame une formation d’architecte à Rome et fonde avec Bruno Mazzali et Rosa Di Lucia la compagnie de théâtre « Il Patagruppo ». De passage à Milan, il fait la connaissance d’Arturo Schwarz, poète, éditeur, galeriste et grande figure du surréalisme en Italie qui expose ses polaroïds en 1973 à la Galerie Schwarz à l’occasion d’une exposition de groupe.

En 1988, il réalise sa première lithographie originale pour l’exposition « Artistes italiens » à la Galerie Maeght au cœur de Saint-Germain-des-Prés : c’est le début d’une étroite collaboration qui durera jusqu’à la fin de sa vie. Il fut aussi le compagnon d’Isabelle Maeght. 

Dans les productions de Marco Del Re se côtoient la tradition classique et la peinture moderne. Son œuvre est un voyage à travers le temps et à travers les grands mouvements artistiques, un univers empreint de mythologie, de littérature et de poésie, filtré à travers sa propre mémoire.

Tout au long de sa carrière, il a exploré diverses techniques expérimentales, de la lithographie à la gravure en passant par la tapisserie et la céramique. Outre son activité de peintre, il était également illustrateur de livres, publiés par Maeght Editeur.  

Mais sa technique préférée était sans doute le monotype qu’il emploie dans ses grands nus monochromes déclinés en rouge, bleu, jaune, noir et qui rendent hommage à la statuaire romaine et au primitivisme italien. A cette culture italienne acquise au cours de ses années de formation s’est ajouté un bagage culturel français nourri des influences de Matisse, Braque ou Bonnard. 

Ses œuvres peuvent être appréciées dans l’espace public grâce à diverses commandes telles que les fresques de l’Institut de la mémoire à La Pitié Salpêtrière, les fameux bas-reliefs de la Salle Pleyel, le plafond de l’Hôtel Burgundy à Paris ou encore la fresque de 450 m2 pour le plafond de la rotonde de l’Hôtel Royal à Evian. 

Chevalier des Arts et Lettres, Marco Del Re était également correspondant de l’Académie des Beaux-Arts.

Jusqu’en janvier 2020, la Galerie Maeght présente ses œuvres les plus récentes dans une exposition intitulée « Académies ».

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