Dimanche 15 septembre 2019

Nuit blanche

Anti-monumentale

À contre-courant de la mode du monumental, l’événement resserre ses zones de déambulation.

Par Frédéric Bonnet · Le Journal des Arts

Le 22 septembre 2010 - 481 mots

PARIS - C’est en trois temps que l’on pourra, le 2 octobre, visiter la Nuit blanche à Paris. Trois temps comme autant de territoires qui en dessinent les contours : à l’ouest (autour du Musée d’art moderne de la Ville de Paris), au centre (autour de l’Hôtel de Ville) et à l’est de la capitale (dans le secteur de Belleville).

Pilotée par Martin Bethenod, qui, après avoir œuvré en tant que commissaire général de FIAC (Foire internationale d’art contemporain) de 2005 à 2009 est parti diriger au printemps dernier le Palazzo Grassi et la Pointe de la Douane à Venise, la neuvième édition de la manifestation éphémère joue cette année la carte de la densité géographique, au service d’une meilleure visibilité. La définition de trois zones de déambulation offrant chacune un maillage resserré d’événements – avec une distance ne dépassant pas 100 mètres entre un lieu et son voisin – permettra ainsi des découvertes nombreuses. Elle évitera aussi la dilution, et par-delà la perte d’audience, lorsque le terrain est trop vaste à couvrir. Avec une quarantaine de projets officiels – dont une quinzaine ont été spécifiquement produits pour l’occasion –, cette édition se singularise par la volonté de se défaire de l’obligation du monumental, qui ne sied pas à tous les artistes ni aux budgets municipaux, pour aller vers des propositions plus légères mais plus nombreuses.

Scintillement et clignotements
Si nulle formule thématique n’a été donnée à l’ensemble, se détachent tout de même quelques axes dans le programme. Ainsi se lit une préoccupation pour le scintillement, l’étrangeté et la fragilité, entre une formule lumineuse de Cerith Wyn Evans (jardins du Musée Galliera, 16e arr.), le chant du rossignol d’Érik Samakh (square Georges-Cain, 3e arr.), les aspirateurs musiciens de Céleste Boursier-Mougenot (hôtel de Lauzun, 4e arr.), ou le clignotement des réveil-matin de Fayçal Baghriche (hôtel d’Albret, 4e arr.). Des architectures fantomatiques émergent également, comme dans les projets d’Ariane Michel (cour de l’école Saint-Louis-en-l’Île, 4e arr.), Ulla von Brandenburg (Maison des Métallos, 11e arr.) ou Hakima el Djoudi (rue de la Fontaine-au-Roi, 11e arr.). Au-delà des projets conçus pour cette Nuit blanche, le commissaire s’est appuyé sur le vivier des collections publiques en montrant des œuvres qui sortent rarement de leurs réserves – telle la performance Kiss de Tino Sehgal (École nationale supérieure des beaux-arts, 6e arr.) ; elles lui permettent en outre d’articuler l’éphémère d’un événement à la longue durée de l’action culturelle. Pour se déplacer tout est prévu, puisque Rirkrit Tiravanija et Arto Lindsay convient à une « Parade », et que Dominique Blais a repensé l’habillage sonore de la ligne 14 du métro, en s’inspirant de celui de Tokyo.

NUIT BLANCHE 2010

Le 2 octobre, lieux divers à Paris. Tout le programme sur www.nuitblanche.paris.fr

Commissaire : Martin Bethenod, directeur du Palazzo Grassi et de la Pointe de la Douane, à Venise
Nombre de projets : environ 40
Nombre de projets associés : environ 200

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°331 du 24 septembre 2010, avec le titre suivant : Anti-monumentale

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