Profession

Les belles images de l’iconographe

Le Journal des Arts

Le 4 avril 2003 - 748 mots

Dans le cadre de notre rubrique consacrée à un métier de la culture, nous vous invitons aujourd’hui à découvrir celui d’iconographe.

“Un iconographe est un documentaliste spécialisé dans la recherche d’images. En tant que documentaliste, il sait trouver des sources, manier des bases de données, utiliser toutes sortes de logiciels, de réseaux... En tant qu’iconographe, il sait traduire un texte, une idée, un concept en images.” Cette définition, donnée par l’Association des professionnels de l’information et de la documentation (ADBS), résume à la perfection les principales missions de ce spécialiste de la prospection d’images fixes. Souvent travailleur indépendant, plus rarement salarié, l’iconographe peut mettre ses talents au service de la presse, de la publicité, des institutions culturelles, des entreprises et surtout de l’édition. Responsable depuis trente ans de l’iconographie chez Citadelles et Mazenod, Béatrice Coti s’est occupée du service photographique du cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale de France avant d’intégrer la prestigieuse maison d’édition parisienne. Pour elle, ce métier exige avant tout “un œil aguerri, afin de repérer les images de mauvaise qualité, une excellente mémoire visuelle et une bonne dose de patience”. La recherche d’images peut en effet prendre des allures de parcours du combattant, notamment lorsqu’il s’agit de retrouver le propriétaire et les ayants droit d’œuvres conservées dans des collections privées.

Un métier en constante évolution
Ce travail d’enquête est toutefois beaucoup plus aisé aujourd’hui qu’il y a une dizaine d’années. Grâce à la numérisation croissante des images, une grande partie des recherches peut en effet être réalisée sur Internet. Cette évolution a généré un gain de temps appréciable pour l’iconographe, qui n’est plus obligé de courir d’une agence photographique à l’autre. Mais les contacts restent indispensables, “nombre d’agences ou de photothèques de musée n’ayant numérisé qu’une petite partie de leur fonds”, souligne Valérie Drogoul, responsable du service iconographique chez Encyclopædia Universalis. Très variées, ses activités reflètent la diversité de la profession. “En début de chaîne, on détermine, en général avec le responsable éditorial et éventuellement l’auteur, le type d’images susceptibles d’illustrer un texte donné. Commence alors la recherche proprement dite, puis la sélection des photographies, effectuée en fonction de leur pertinence et de leur qualité. Parallèlement, il faut demander les autorisations nécessaires, négocier les droits de reproduction et s’acquitter des droits d’auteur, ainsi auprès de l’ADAGP (Société des auteurs dans les arts graphiques et plastiques) pour les artistes dont les œuvres ne sont pas encore tombées dans le domaine public. Une fois la maquette réalisée, on donne un avis sur la mise en page des images, avant de contrôler la qualité des épreuves. La dernière étape de notre travail est aussi la plus fastidieuse : elle concerne la facturation et le renvoi des photographies”, commente la jeune femme. Pour mener à bien l’ensemble de ces missions, il n’existe pas véritablement de formation spécifique. Deux voies sont néanmoins possibles : l’histoire de l’art, qui permet d’acquérir une culture visuelle et d’exercer son œil (dans ce domaine, l’École du Louvre est particulièrement réputée), ou les filières de l’édition et de la documentation (lire l’encadré). Les stages en agences ou en maison d’édition sont également conseillés, afin de se familiariser avec “la rigueur, la rapidité d’exécution, l’esprit d’initiative et le sens de la négociation”, si précieux dans cette profession.

Les formations au métier d’iconographe

On trouvera ci-dessous plusieurs organismes qui donnent une place importante aux images comme documents : - L’Institut universitaire de technologie de Dijon (tél. 03 80 39 65 20) est réputé pour sa spécialité “image”? ; l’Institut universitaire de Tours (tél. 02 47 36 75 63) comprend un module “images fixes”? ; l’Institut universitaire de Paris-XIII-Villetaneuse (tél. 01 49 40 30 30) délivre un DESS dans les métiers de l’édition ; l’université de Paris-VIII (tél. 01 49 40 64 17) et l’université du Mirail à Toulouse proposent une maîtrise avec l’option “image”? ; certains instituts universitaires de technologie qui forment aux métiers du livre (Aix-en-Provence, Nancy, Le Havre, Paris-V, Paris-X…) abordent également la recherche iconographique. - Le Centre de formation et de perfectionnement des journalistes (CFPJ, tél. 01 44 82 20 00) et l’Association pour la formation à l’édition (ASFORED, tél. 01 45 88 39 81) proposent par ailleurs, sous forme de stages courts, des formations spécifiques à la recherche iconographique. - Les associations professionnelles : L’Association des professionnels de l’information et de la documentation (ADBS), 25 rue Claude-Tillier, 75012 Paris, tél. 01 43 72 25 25. L’Association nationale des iconographes (ANI), 7 rue des Petites-Écuries, 75010 Paris, tél. 02 47 52 36 92.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°168 du 4 avril 2003, avec le titre suivant : Les belles images de l’iconographe

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