Samedi 14 décembre 2019

Monument

PATRIMOINE

L’avenir de l’école d’art de Glasgow en suspens

Le bâtiment phare de Charles Rennie Mackintosh a une nouvelle fois été ravagé par les flammes. Sa reconstruction fait débat.

Vue aérienne du bâtiment de la Glasgow school of art en feu.
Vue aérienne du bâtiment de la Glasgow school of art en feu.
Photo Police of Scotland

Glasgow. Pour la deuxième fois en quatre ans, l’école d’art de Glasgow a été dévastée par un terrible incendie. Alors que s’achevait sa rénovation, estimée à 35 millions de livres sterling (39 M€), et que le bâtiment devait rouvrir ses portes l’an prochain, celui-ci a été quasi intégralement détruit dans la nuit de vendredi à samedi 16 juin.

Malgré l’intervention de cent vingt pompiers, seule demeure une carcasse du bâtiment universitaire, tandis que le feu s’est propagé à la salle de concert voisine, qui s’est effondrée. « L’extension de 1909, où se situait la bibliothèque, a été totalement détruite, mais les murs et les parties structurales semblent avoir bien résisté », a fait savoir un élu local. En revanche, aucun blessé n’a été signalé, l’incendie ayant eu lieu pendant la nuit. Construit entre 1897 et 1909, ce grand bâtiment de briques rouges est considéré comme la première œuvre importante de l’architecte écossais Charles Rennie Mackintosh, principal représentant de l’Art nouveau en Écosse et membre du mouvement Arts & Crafts. L’école était également considérée comme l’un des plus beaux bâtiments de Glasgow. Sa bibliothèque avait ainsi été recréée après l’incendie involontaire de 2014 avec les mêmes matériaux que ceux utilisés il y a plus d’un siècle.

L’image 3D réalisée après 2014 pourrait rendre la reconstruction du bâtiment possible, selon le professeur de conservation architecturale de l’université d’Édimbourg Miles Glendinning, interrogé par le quotidien anglais The Guardian. Son collègue Billy Hare de l’université de Glasgow Caledonian estime pourtant le coût de la reconstruction aux alentours de 110 millions d’euros. Une somme considérable pour un pays de 5,3 millions d’habitants. Surtout que les avis divergent sur le bien-fondé de la reconstruction : « Nous devrions résister aux appels de le reconstruire pierre par pierre », a indiqué l’architecte Alan Dunlop, professeur d’architecture à l’université Robert Gordon d’Aberdeen : « Ce ne serait pas une restauration, mais une réplication, un processus contre lequel Mackintosh, un innovateur et non un copieur, serait opposé. »

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°504 du 22 juin 2018, avec le titre suivant : L’avenir de l’école d’art de Glasgow en suspens

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