Samedi 24 février 2018

Emploi

Artisan vannier

Par Sophie Flouquet · Le Journal des Arts

Le 23 août 2007

L’image traditionnelle de ce métier profite de la diversification des productions, notamment dans le domaine des jardins.

Jadis pratiquée par les gens du voyage, la vannerie est aujourd’hui encore exercée à titre professionnel par plusieurs centaines d’artisans en France. Mais, pour s’être longtemps concentrée sur la production d’objets courants, corbeilles ou paniers pour un usage domestique ou professionnel, son déclin est sensible depuis plus d’un siècle. Grâce à l’engouement récent pour l’art des jardins et au dynamisme de quelques artisans, dont certains sont également issus d’écoles de paysage, ce matériau désuet connaît un nouveau souffle. Car l’osier n’est autre qu’une variété de saule jeune. Il peut donc être planté en pleine terre puis être travaillé par un vannier pour tresser des haies vivantes, aménager des ombrières, des labyrinthes, des volières ou des cabanes de jardin, éléments qui se végétalisent de manière naturelle dès le printemps et peuvent être retaillés librement. Popularisé par les festivals dédiés aux jardins, l’osier planté s’est désormais imposé chez les paysagistes et les particuliers. Le renouveau de ce matériau se manifeste également dans le domaine de la décoration et de l’ameublement grâce à la mode des fibres végétales. La dextérité des artisans permet par ailleurs une diversification des formes et la création de pièces originales, dignes des meilleurs artisans d’art.

Du vert au brun
L’activité demeure cependant rythmée par les saisons. Les tiges utilisées sont en effet les jeunes pousses du saule, lequel est cultivé en plein champ, dans des oseraies. Coupées dès le début de l’hiver, ces tiges sont triées puis mises en bottes, avant d’être placées dans des bassins d’eau pour repartir en végétation dès le printemps. C’est au moment de la montée de sève, c’est-à-dire en mai-juin, que les branches sont pelées avant d’être stockées. L’osier peut toutefois être utilisé brut, ce qui lui conserve sa teinte brune. Écorcé, il est d’une teinte blonde et sera réservé à des ouvrages plus fins. L’existence d’une dizaine de variétés de saules propices à la fabrication de l’osier permet toutefois de jouer sur une palette de couleurs très large, du vert au brun, sans avoir recours à des colorants artificiels. Préparé par le vannier, l’osier est ensuite travaillé à l’aide de quelques outils. Il est utilisé entier – c’est l’osier rond – ou fendu en trois quartiers, en éclisses, qui servent à réaliser des attaches ou des vanneries légères. La technique se limite au savoir-faire du tressage, puisque ni colle ni agrafes ne sont utilisées dans la vannerie traditionnelle.
La demande s’étant raréfiée et la concurrence internationale intensifiée, la production française est désormais cantonnée principalement à deux régions, où le sol limoneux se révèle propice à la culture du saule : en Touraine, dans les vallées de Villaines-les-Rochers (Indre-et-Loire), où a été relancée une coopérative agricole créée en 1849, et en Champagne, autour de Fayl-Billot. Dans ce village de Haute-Marne, où la vannerie existerait depuis le XVIIe siècle, et où six cents artisans étaient recensés au XIXe siècle, sont regroupés une dizaine de professionnels. Là sont en effet plantées de grandes oseraies, la majeure partie des vanniers étant osiériculteurs, ce qui signifie qu’ils cultivent puis transforment l’osier. C’est aussi à Fayl-Billot qu’a été créé un pôle d’osiériculture, qui a permis de restructurer la filière, mais aussi d’ouvrir en 2003 au sein du lycée horticole une classe de vannerie. Ce certificat d’aptitude professionnelle (CAP), qui est le seul à dispenser une formation dans l’Hexagone – le métier était autrefois transmis de père en fils –, n’accepte toutefois qu’une trentaine d’élèves par an. « Les perspectives sont assez étroites constate Claude Cutot, directeur de l’école. Les jeunes vanniers devront s’installer en indépendants ou travailler comme salariés, mais il existe très peu d’entreprises. » D’où l’importance des nouveaux débouchés pour renforcer ce secteur d’activité très fragile.

Formation

- CAP des métiers d’art, spécialité vannerie. Durée 2 ans. Ouvert aux élèves issus de 3e générale ou technologique. - École nationale d’osiériculture et de vannerie, 24, rue Georges-Darboy, 52500 Fayl-Billot, tél. 03 25 88 59 90, www.ecole-nationale-de-vannerie.com

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°241 du 7 juillet 2006, avec le titre suivant : Artisan vannier

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