Baisse en trompe l’oeil de 12 % des ventes aux enchères mondiales en 2008 selon Artprice

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 8 avril 2009

PARIS [08.04.09] – Après un premier semestre 2008 qui avait fait croire que le marché de l’art échappait à la crise, le rapport annuel Artprice annonce une baisse d’un milliard de dollars du produit des ventes publiques de « Fine Art » par rapport à 2007. Résultats qui restent encore nettement supérieurs à ceux, déjà excellents, de 2006.

Après sept années consécutives de hausse, le marché de l’art a fini par suivre les cours de la bourse et chute en 2008 de 12% par rapport à 2007, avec un CA global de 8,3 milliards de dollars. C’est surtout la place newyorkaise qui a fait les frais de cette crise et laisse Londres prendre la première place de justesse avec un produit des ventes de près de 3 milliards de dollars.

Cette hiérarchie habituelle n’est pas la seule à être bouleversée puisque Sotheby’s dépasse Christie’s de 400 millions de dollars avec un chiffre d’affaire de 3,3 milliards de dollars.

Cette baisse en un an, somme toute limitée, ne doit pas masquer l’effondrement du marché qui a eu lieu après la faillite de Lehmann Brothers le 15 septembre 2008. Les vacations d’octobre ont en effet enregistré un taux d’invendus record : 27% chez Sotheby’s et 45% chez Christie’s. Les ventes new-yorkaises d’art contemporain de ces deux maisons ont à peine réalisé un CA moyen de 100 millions de dollars en automne, alors qu’il était d’environ 300 millions en 2007.

Pour autant, cette baisse de 12 % fait suite à une hausse rapide et ininterrompue du marché depuis 2003, avec un pic en 2007 ( 43,8 %). 2008 termine en hausse de près de 30 % par rapport à 2006.

Les marchés émergents d’artistes contemporains d’Asie ou du Moyen-Orient, qui avaient été l’objet d’une part importante de la spéculation sur l’art contemporain depuis 2005, sont les premiers à subir la désertion des salles de ventes aux enchères par les nouveaux acheteurs venus de Russie, d’Inde, de Chine ou des Emirats.

Seul rayon de soleil en novembre, des valeurs sûres comme Malevitch, Munch ou Degas ont réalisé de bons scores et l’art ancien semble bien servir de valeur refuge puisque ses prix augmentent de 15% par rapport à 2007.

Pour Artprice, cette crise est comparable à celle de 91 où une chute de 21% du prix des œuvres d’art avait été enregistrée. Quand on sait que cette baisse s’élevait à 27% en 92, il y a de quoi s’inquiéter pour 2009.

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