Dimanche 16 décembre 2018

Musées

Une réforme à venir de la chaîne d’acquisition dans les musées nationaux

Par Alexis Fournol (Avocat à la cour) · Le Journal des Arts

Le 29 mars 2017 - 336 mots

PARIS - Née de la collision récente de deux affaires retentissantes – les faux meubles acquis par le château de Versailles et les dépenses excessives d’Agnès Saal, alors présidente de l’INA –, la réforme annoncée le 24 mars par la ministre de la Culture vise à mettre en place de nouvelles procédures de contrôle des acquisitions réalisées par les musées nationaux, grâce au renfort d’un nouveau pôle d’expertise scientifique.

Les acquisitions du château de Versailles, pour un montant de près de 2,7 millions d’euros, ayant permis l’entrée d’un certain nombre de faux dans les collections publiques, seront passées au peigne fin. C’est donc sans attendre la fin de l’enquête administrative qu’un texte a été adopté par le ministère afin de lutter contre « ce type de trafic », expression marquée d’une pudibonderie d’usage.

La « chaîne d’acquisition » visée renvoie au nécessaire avis scientifique rendu par la commission d’acquisition des musées nationaux mobilisée sur le projet d’achat ; l’avis est délivré au regard du lien entre l’objet et le projet scientifique et culturel du musée, de l’authenticité de l’objet ou de l’appréciation de son prix. Un tel avis n’est que consultatif et doit obtenir l’avis favorable du Conseil artistique des musées nationaux dès lors que l’œuvre atteint un certain seuil de valeur. Ce double contrôle, permettant un regard extérieur et croisé entre conservateurs, est désormais insuffisant. Le pôle d’expertise à venir, coordonné par le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF), piloté par le service des Musées de France et associant le Laboratoire de recherche des monuments historiques, doit apporter une compétence complémentaire. L’œil du conservateur n’est plus assez sûr ; son analyse doit être doublée d’un contrôle scientifique afin de l’éclairer « en tant que de besoin ». Le Conseil artistique doit lui aussi être réformé pour répondre à de nouvelles exigences d’efficacité. Mais la réforme, accompagnée de l’adoption d’un vade-mecum à l’usage des conservateurs et des chefs d’établissement, ne concerne que les musées nationaux et non l’ensemble des musées français.

Légende photo

Chaise de François II Folliot faisant partie d'un ensemble de mobilier livré en 1781 destiné au Belvédère du Petit Trianon. Cet unique exemplaire est exposé dans le salon de compagnie du château du Petit Trianon © Photo Starus - 2013 - Licence CC BY-SA 3.0 

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°476 du 31 mars 2017, avec le titre suivant : Une réforme à venir de la chaîne d’acquisition dans les musées nationaux

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