Vendredi 22 novembre 2019

Photographie

Une Fondation René Burri

Les archives du photographe de Magnum vont être hébergées au Musée de l’Élysée à Lausanne

Par Christine Coste · Le Journal des Arts

Le 4 juin 2013 - 391 mots

LAUSANNE - Après Henri Cartier-Bresson qui, de son vivant, avait créé la Fondation Henri Cartier-Bresson avec son épouse, Martine Franck, et leur fille Mélanie, René Burri fonde à Lausanne sa propre fondation. Mais le photographe de Magnum dispose, lui, du Musée de l’Élysée pour l’accueillir.

Une convention de dépôt d’une durée de vingt ans renouvelable par tranche de dix ans a été signée le 3 juin entre le photographe et le Musée de l’Élysée. Zurichois d’origine, installé à Paris, René Burri, qui a fêté cette année ses 80 ans, continuera à être commercialisé par l’agence Magnum.
C’est la première fois que le Musée de l’Élysée héberge une fondation. « Nous avons été à l’écoute des problématiques, des souhaits de René Burri, et avons suggéré un modèle, déclare Sam Stourdzé, directeur du musée. Grâce à une dotation annuelle du Canton de Vaud, un poste va être créé au sein de nos locaux pour assurer la conservation et la valorisation du fonds René Burri ; il sera accompagné d’un budget de fonctionnement. »

Le fonds René Burri comprend, pour chaque image, un jeu complet composé des négatifs, planche-contact, et d’un vintage quand il existe, ainsi que la bibliothèque et une grande partie de la documentation de celui qui photographia Che Guevara à La Havane, un cigare à la bouche. Après le fonds Chaplin reçu en dépôt en 2011 et constitué d’environ 10 000 photographies, c’est donc un autre ensemble illustre, œuvre d’une vie, qu’accueille le musée pour la photographie de Lausanne.
« Les musées doivent réinventer les approches de la collection, estime Sam Stourdzé. Mon souci n’est pas d’être propriétaire coûte que coûte, mais d’être sûr que l’on peut conserver et valoriser les fonds que l’on reçoit. Je préfère un contrat de vingt ans avec des moyens pour mener à bien le travail sur une collection plutôt que de tenter de l’acheter et de ne plus avoir les ressources financières ensuite. » Et de préciser : « Nous n’accueillons plus un seul fonds, un seul dépôt si nous n’avons pas trouvé les moyens d’en financer sa conservation et sa valorisation. Que ce soit le fonds Jean Mohr, le fonds Chaplin ou le fonds Marcel Imsand, à chaque fois nous sommes allés rechercher des ressources supplémentaires et avons créé des postes. L’accueil de la fondation René Burri est un modèle que j’entends développer. »

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°393 du 7 juin 2013, avec le titre suivant : Une Fondation René Burri

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