Photographie

Un choix bien académique

Le Journal des Arts

Le 23 août 2007

Lucien Clergue et Yann Arthus-Bertrand entrent à l’Académie des beaux-arts. Un choix qui est loin de faire l’unanimité.

PARIS - Depuis quelques années, la photographie a gagné ses lettres de noblesse. Rien d’étonnant à ce qu’elle fasse aujourd’hui son entrée à l’Académie des beaux-arts, même si Arnaud d’Hauterives – secrétaire perpétuel – a dû longtemps batailler pour y imposer cette discipline jusqu’ici ignorée par la vénérable institution. La photographie rejoint légitimement les autres arts dits « majeurs » que sont la peinture, la musique, la sculpture, l’architecture ou la gravure sous la coupole de l’Institut de France. Parmi les candidats figuraient Raymond Depardon, Dominique Issermann, Serge Mendjisky, Claude Renault, André Edouard, Lucien Clergue et Yann Arthus-Bertrand. L’élection, le 31 mai, a désigné les deux derniers, un choix qui a créé la surprise et qui provoque des remous dans le monde de la photographie.
Âgé de 71 ans, Lucien Clergue a fondé en 1969 les Rencontres internationales de la photographie d’Arles et publié quelque soixante-quinze ouvrages reproduisant ses paysages camarguais, ses scènes de tauromachie et ses nus féminins voluptueux. Célèbre pour son best-seller La Terre vue du ciel (1) – près de trois millions d’exemplaires vendus –, Arthus-Bertrand est aujourd’hui, à 60 ans, un photographe populaire dans le monde entier. Tandis que le nom de Raymond Depardon était sur toutes les lèvres, les académiciens ont préféré privilégier la séduction facile et médiatique des belles images à la photographie documentaire ou plasticienne. La photographie entre à l’Académie par la petite porte.

(1) éd. de La Martinière, 2000.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°239 du 9 juin 2006, avec le titre suivant : Un choix bien académique

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