Dimanche 21 octobre 2018

Un ange gardien pour les artistes

Le Journal des Arts

Le 5 janvier 2001 - 479 mots

Assurant la production de projets artistiques, Artangel est une structure londonienne créée en 1985 dont les compétences s’étendent à la danse, au cinéma, à la musique et aux arts plastiques. Après avoir soutenu les interventions de Tony Oursler et Michael Landy, l’association annonce une collaboration avec Alain Platel.

LONDRES (de notre correspondant) - Pour l’association londonienne, Art Angel, aucun site n’est inconcevable : en 1993, des femmes bulgares ont chanté sur la mer du Nord, en 1995, Robert Wilson a investi la prison de Clink Street. Quant à Longplayer, la pièce musicale de Jem Finer, destinée à être jouée pendant plus de 1 000 ans, elle est actuellement en cours d’interprétation dans le phare désaffecté de Trinity Buoy Wharf, à Londres. L’année 2000 aura été l’occasion pour l’association, créée en 1995 par l’historien de l’art Roger Took, et dirigée depuis 1991 par Michael Morris (ancien responsable des spectacles vivants à l’Institut d’art contemporain de Londres), et James Lingwood (commissaire d’exposition dans la même institution), de s’illustrer dans de nouveaux projets, dont ceux de Michael Landy et de Tony Oursler. Ce dernier s’est emparé successivement du Madison Square Garden et du Soho square de Londres pour y réaliser des féeries musicales. Hommage aux spectacles des sœurs Fox, réalisés à Hydesville à la fin du XVIIIe siècle, et dans lesquels les deux illusionnistes conversaient avec les morts, à grands renforts de lanternes magiques, le spectacle remonte l’histoire des “nouveaux médias”. L’opéra-vidéo nocturne de Tony Oursler intègre des mains géantes qui cognent les murs des immeubles voisins, des visages projetés sur un écran de fumée et une bande-son diffusant une pièce musicale du XVIIIe siècle interprétée par le compositeur minimaliste Tony Conrad. Michael Landy, a, lui, remporté le concours Times/Artangel Open avec son projet Breakdown. Catalogue minutieux de toutes ses possessions, l’œuvre devrait être présentée le mois prochain, dans un entrepôt désaffecté de l’Est londonien (le lieu et la date exacts ne sont pas encore fixés). À l’instar d’Artangel, Michael Landy maintient une distance entre son travail et le glamour hollywoodien des festivals d’art et des biennales géantes. Si la principale source de revenu d’Artangel provient du London Arts Board et de l’Arts Council of England, la société bénéficie également du soutien d’une centaine de mécènes et est poétiquement baptisée “La société des anges” (The company of angels). Chaque “ange” promet une donation annuelle de 300 livres (3 300 francs), voire davantage, aussitôt investie dans de nouveaux projets. L’association a également créé une chaîne de télévision éponyme ainsi qu’une société de production. Elle prévoit aussi de travailler avec Channel 4. Parmi ses coproductions figurent deux des cinq épisodes du Cremaster de Mathew Barney. Les projets prévus pour 2001 comprennent une œuvre musicale pour la Roundhouse de Londres avec le chorégraphe belge Alain Platel, et le compositeur britannique Orlando Gough.

- Artangel. 31 Eyre Street Hill, Londres, tél. 44 20 7713 1400, www.artangel.org.uk

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°118 du 5 janvier 2001, avec le titre suivant : Un ange gardien pour les artistes

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