Lundi 10 décembre 2018

Tour de France (part IV)

Par Maureen Marozeau · Le Journal des Arts

Le 13 février 2008 - 665 mots

Quels sont les principaux enjeux culturels des élections municipales dans les grandes villes de France ?
- Tour d’horizon

Montpellier
Duel au soleil
Élue par le conseil municipal en 2004 en remplacement du maire historique Georges Frêche, parti présider la Région Languedoc-Roussillon, la socialiste Hélène Mandroux affrontera pour la première fois les électeurs face à Jacques Domergue, candidat de l’UMP. Côté bilan, la maire s’appuie sur la réouverture du Musée Fabre, le réaménagement en cours de la Panacée – où se sont déjà tenues plusieurs expositions d’art contemporain – , l’ouverture aux artistes du Carré Sainte-Anne, les collaborations avec le FRAC (Fonds régional d’art contemporain) Languedoc-Roussillon et la dévolution du Pavillon populaire à la photographie. Elle envisage aussi la création du festival « Montpellier Quartiers libres » et la réhabilitation de l’arc de triomphe, la restauration du Peyrou et l’aménagement de la place Max-Rouquette. Côté programme, ou plutôt « pistes de réflexion », Hélène Mandroux aspire à l’ouverture de nouveaux équipements, comme la transformation à venir de la Panacée en cité d’artistes, un futur centre d’art contemporain et la restructuration de la salle d’art et essai de Celleneuve en salle multiculturelle. L’hôtel Sabatier d’Espeyran pourrait, selon elle, être réhabilité pour accueillir des statues, pièces mobilières et faïences des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, et un festival de la photographie pourrait venir concurrencer les Rencontres de la proche Arles. Dans la lignée de la politique UMP, Jacques Domergue reproche au pouvoir en place un programme culturel trop élitiste ; il place quant à lui la musique au cœur de ses préoccupations artistiques. Côté arts plastiques, le candidat UMP en appelle à la création d’un musée d’art contemporain qui serait couplé à la Panacée, structure pressentie comme une « villa Médicis montpelliéraine ». Il propose également l’organisation à différents endroits de la ville d’un festival bisannuel des arts émergents, baptisé « Les trois jours des arts universitaires » et auquel participeraient les étudiants en arts plastiques et créateurs de tous poils. Enfin, il souhaite adapter la formule de la Nuit blanche, pour que Montpellier se hisse au niveau des grandes capitales culturelles.

Nantes
L’archéologie en question
Fief du député maire socialiste Jean-Marc Ayrault depuis une vingtaine d’années, la ville de Nantes est réputée citadelle imprenable. Forte de manifestations phares et de festivals populaires, à l’instar de la Folle Journée de Nantes, la politique culturelle actuelle favorise largement les arts vivants. Si la candidate UMP Sophie Jozan conteste le bilan pour l’année 2007 de la biennale d’art contemporain l’Estuaire-Nantes < > Saint-Nazaire, dénonçant une mauvaise gestion et la rallonge de 500 000 euros accordée par la municipalité pour l’édition 2009, elle a logiquement choisi le terrain du patrimoine urbain pour s’attaquer à la forteresse Ayrault. Déclarant vouloir à la fois créer un poste d’adjoint au patrimoine et mettre en place un comité d’experts chargé de rédiger une carte du patrimoine archéologique de la ville, la candidate est décidée à « ne pas livrer les quartiers aux promoteurs ». Président des Amis du Musée Dobrée et 6e de la liste Jozan, le centriste André Augier cite en exemple les tombeaux mérovingiens découverts rue du Préfet-Bonnefoy et sitôt « escamotés » afin d’éviter les retards de chantier, les vestiges de l’îlot Boucherie, les quais sud de l’île Feydeau, les anciens hangars portuaires du quai de la Fosse, « rasés pour laisser place à un parking sauvage », ou encore le récent chantier de l’îlot Lambert. En réaction, la Mairie vient tout juste d’annoncer la création d’un service municipal d’archéologie. Tête de liste du MoDem, Benoît Blineau fait écho à ces revendications sans toutefois offrir de projet culturel concret. Enfin, tandis que la candidate UMP assimile la restauration du château et les campagnes de ravalement des façades d’immeubles anciens à de l’esbroufe, elle projette pour sa part le réaménagement du quai de la Fosse en pôle de loisir, de promenade et de restauration, et propose la création d’un « mémorial de la Liberté » sur l’île de Nantes, « pour exister à l’international ».

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°275 du 15 février 2008, avec le titre suivant : Tour de France (part IV)

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