Vendredi 19 octobre 2018

Remous autour des sculptures Nok

En salle des ventes ou au musée, ces œuvres sont placées sous surveillance

Par Olivier Michelon · Le Journal des Arts

Le 12 mai 2000 - 368 mots

L’ouverture du pavillon des Sessions, au Louvre, a apporté un éclairage involontaire sur les sculptures Nok du Nigeria. Alors que le Conseil international des musées africains (Africom) faisait part de sa préoccupation sur la présence de ces pièces au Louvre, quatorze objets de même origine ont été retirés d’une vente.

PARIS - À la suite d’une plainte déposée par les ambassades parisiennes du Niger et du Nigeria, quatorze sculptures Nok ont été retirées, le 21 avril, d’une vente à l’hôtel Drouot et retournées à leurs propriétaires, à charge pour eux de prouver la légalité de leurs biens. Le commissaire-priseur, Me Catherine Charbonneaux, a fait indiquer qu’elle s’était assurée préventivement du respect des conventions internationales sur la circulation de ces pièces. Les lots n’ont toutefois pas été présentés : les plaignants ont fait valoir que les terres cuites Nok proposées dans cette vacation figuraient sur la “Liste rouge” diffusée récemment par le Conseil international des musées (lire le JdA n° 103, 14 avril). La publication regroupe huit catégories d’objets archéologiques africains interdits d’exportation et régulièrement pillés. Quelques jours auparavant, l’Africom s’était justement étonné de la présentation d’une sculpture Sokoto et de deux pièces Nok – acquises en 1998 et 1999 – dans les salles du pavillon des Sessions, au Louvre. Il avait alors exprimé “son inquiétude devant une démarche de légitimation du pillage et du trafic illicite qui pourrait avoir pour conséquence immédiate l’aggravation de la destruction des sites archéologiques en Afrique”. “On sait parfaitement que les pillages et les fouilles clandestines sont généralisés dans ces régions”, a expliqué Stéphane Martin, président de l’Établissement public du quai Branly, précisant que ces achats avaient toutefois été décidés par les commissions ad hoc, après une convention conclue en avril 1999 avec le gouvernement nigérian. Informée de la présence de ces pièces – interdites à l’exportation depuis 1953 – dans les collections du musée, l’ambassade du Nigeria s’est contentée, dans un communiqué, de “saisir cette occasion pour dissuader les particuliers ou les institutions de tout achat, vente, ou exportation de ces œuvres”. L’an dernier, le Mali n’a pas fait preuve de la même mansuétude, refusant un accord permettant au musée parisien d’acquérir une statuette Djenné, elle aussi concernée par la “Liste rouge”.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°105 du 12 mai 2000, avec le titre suivant : Remous autour des sculptures Nok

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