Mercredi 14 novembre 2018

Quel avenir pour le musée de Nagoya ?

Le Journal des Arts

Le 30 mai 2003 - 469 mots

Le Nagoya/Boston Museum of Fine Arts, branche japonaise du musée américain, a fêté ses quatre ans le 17 avril. À défaut de célébration, l’institution doit faire face à de nombreux problèmes : des difficultés financières, des expositions annulées et une action en justice.

NAGOYA - Au moment où Nagoya scellait une collaboration de vingt ans avec le Boston Museum of Fine Arts (Boston MFA), le Japon entrait dans une longue récession. Après trois ans de fonctionnement, cette association s’est révélée moins fructueuse que prévu : le Nagoya/Boston Museum of Fine Arts a gagné 242 millions de yens (1,8 million d’euros), en a dépensé 907 (6,2 millions d’euros), tout en accumulant un déficit de 4,1 milliards (30 millions d’euros), et ce sans compter le versement de la contribution de 50 millions de dollars que le musée japonais doit à celui de Boston. L’été 2002, Fumio Suzuki, ancien vice-président de Tokai Bank, a pris ses fonctions de directeur général du musée en imposant des mesures de rigueur financière. Il a annulé toute les expositions “permanentes” après avril 2004 – le contrat avec Boston stipulait que Nagoya devait accueillir quatre expositions “permanentes” d’une durée de cinq ans chacune et 40 expositions temporaires de six mois. Saeko Yamawaki, conservateur en chef du musée de Nagoya depuis 1992, a vu son équipe et son programme d’expositions faire les frais de cette rigueur. La Fondation pour les Arts de Nagoya (FAN), qui gère le musée, a ainsi sévèrement réduit les salaires – de 50 % en ce qui concerne Saeko Yamawaki. En décembre 2002, cette dernière a poursuivi le FAN en justice pour obtenir le règlement de 3,3 millions de yens (240 000 euros) d’impayés tandis que le directeur du musée, Toru Asano, opposé à la politique du nouveau directeur général, démissionnait. Selon Fumio Suzuki, ces réductions de salaires étaient inévitables : “Nous avions besoin de prouver aux entreprises locales [qui leur ont offert une dotation d’urgence de 3 milliards de yens en 2002] que l’on se saignait à blanc.” Il reproche aux conservateurs de monter des expositions “trop académiques pour susciter l’intérêt du grand public”, nuisant par là au taux de fréquentation.
Saeko Yamawaki, qui a démissionné en février, dénonce un contrat “unilatéral” attribuant à Boston le pouvoir décisionnel sur les œuvres exposées au Japon. Fumio Suzuki soutient que Nagoya négocierait actuellement avec Boston pour présenter des expositions répondant aux attentes du public japonais, une négociation que Saeko Yamawaki affirme avoir déjà entamé, conduisant les conservateurs de Boston à assouplir leurs positions. Le 25 avril, lors du vernissage à Nagoya de l’exposition “L’impressionnisme à Boston”, qui ira ensuite à la Royal Academy of Arts de Londres et au Boston MFA, Malcolm Rogers, directeur du Boston MFA, n’a pas fait de commentaires sur les soucis du musée. Il a seulement rappelé son dévouement à l’institution...

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°172 du 30 mai 2003, avec le titre suivant : Quel avenir pour le musée de Nagoya ?

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