Samedi 24 février 2018

Quand le design fait salon

« XXe siècle », au Carrousel du Louvre

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 23 janvier 2008

Organisée au Carrousel du Louvre, à Paris, du 6 au 9 juin, la première édition du Salon « XXe siècle », consacré aux mobiliers et objets de l’époque, réunit des galeristes, libraires et antiquaires venus du monde entier, de New York à Copenhague, en passant par Berlin, Paris, Londres ou Zurich. La manifestation témoigne des grandes tendances du marché d’aujourd’hui : le succès incontestable de la période Art déco, le retour sur la scène internationale du design scandinave ou l’importance du courant moderniste de l’après-Seconde Guerre mondiale.

En pleine effervescence depuis quelques années, le design disposera d’un nouveau salon, en juin prochain. Le Carrousel du Louvre, à Paris, accueillera ainsi une quarantaine de galeries, libraires et antiquaires, originaires d’Europe et des États-Unis, venus présenter des pièces signées des grands noms des arts décoratifs du XXe siècle. Figure emblématique du style Art déco, Jacques- Émile Ruhlmann est représenté par Maison Gerard Ltd. (New York) qui a choisi d’exposer le Miroir en sycomore, aux côtés de la Table en marqueterie de paille, réalisée vers 1935 par Jean-Michel Frank. Le style Art déco fait encore des émules après-guerre, avec Jules Leleu, Jacques Quinet, mais aussi André Arbus. Ce dernier est à l’honneur chez David Gill (Londres) et Yvonne Benda (Zurich), tandis que les galeries Philippe Denys (Bruxelles) et Olivier Watelet (Paris) soulignent le talent de Dupré-Lafon, à travers un ensemble de Quatre tables basses en fer noirci, bronze, cuir rouge et merisier (1930) et le Guéridon en palissandre, bronze et marbre (1950). L’après-guerre voit aussi la naissance du courant moderniste, qui se caractérise par des innovations technologiques et une conception plus sociale du mobilier. En témoigne l’architecture démontable de Jean Prouvé, dont l’aluminium et la tôle pliée sont les matériaux fétiches, présentée par Jousse Entreprise (Paris). La galerie valorise aussi le travail de Mathieu Matégot, autre adepte du mobilier en tôle perforée, qu’il utilise pour concevoir sa Chaise “Nagasaki” et la Table basse “Kangourou” laquée noire. L’un des principaux acteurs du courant moderniste d’après-guerre reste Jean Royère, dont on retrouve l’imposant Plafonnier de forme sinusoïdale à six lampes chez Catherine & Stéphane de Beyrie (New York). La galerie parisienne Jacques Lacoste donne à voir de belles pièces de Jean Royère, mais aussi de Jacques Adnet et Max Ingrand.

La Scandinavie à l’honneur
Le salon fait la part belle au design scandinave, qui connut un grand succès dès les années 1920 et 1930, avant de sombrer dans l’oubli vers 1970, puis de revenir, aujourd’hui, sur le devant de la scène. Éric Philippe (Paris) a choisi de montrer la Paire de lames en métal argenté et bois noirci “Le Jour et la Nuit”, imaginée en 1928 par l’architecte, sculpteur et designer Elis Bergh. Pour l’après-guerre, la galerie Dansk Møbelkunst (Copenhague) et la Galerie scandinave (Paris) ont sélectionné des designers comme Bruno Mathsson, Hans Brattud ou Bodil Kjær, dont le Bureau en palissandre (1961) a été réalisé seulement à une dizaine d’exemplaires. Autre secteur important, les arts décoratifs hollandais de 1900 à 1950 sont à l’honneur à la galerie Gethmann (Berlin), spécialiste de la céramique hollandaise Art nouveau, ou chez Frans Leidelmeijer (Amsterdam), qui couvre la période 1880-1940. Le salon met aussi en exergue l’art du verre au XXe siècle. Sous le titre “Le verre, cent années de création”, Barry Friedman (New York) consacre ainsi une exposition à Émile Gallé et Yvonne Benda, et aux créations italiennes des années 1930, signées Carlos Scarpa ou Archimède Seguso. Le design contemporain et les objets d’artistes ne sont pas en reste : David Gill présente un ensemble de créations de Garouste & Bonetti, édité dans les années 1990 ; A/D Gallery (New York) dédie son espace aux artistes Donald Judd, Richard Tuttle, Sol LeWitt ou Alexander Calder. Parallèlement, le salon rassemble, en une grande exposition, vingt-cinq personnalités emblématiques de la création internationale, sélectionnées par les ambassadeurs de leur pays respectif, en poste à Paris, comme l’Algérien Shérif, le Brésilien José Caldas Zanine, l’Israélien Ron Arad, le Russe Vladimir Tatlin ou le Japonais Shiro Kuramata. “Nous espérons qu’à l’image du Salon Paris Photo, devenu en cinq années le plus important événement de la photographie dans le monde, le Salon “XXe siècle” s’imposera dans son domaine comme l’événement de référence attendu par le public et les professionnels”, explique Rik Gadella, organisateur de l’événement.

- SALON XXe SIÈCLE. MOBILIER ET OBJETS DU XXe siècle, du 6 au 9 juin, Carrousel du Louvre, 99 rue de Rivoli, 75001 Paris, 11h-20h et 22h le vendredi 7. Catalogue, 200 p., 22 euros.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°149 du 17 mai 2002, avec le titre suivant : Quand le design fait salon

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