Paris

Palais de Tokyo II

Par Sophie Flouquet · Le Journal des Arts

Le 17 février 2006

Le Centre d’art devrait voisiner avec un grand projet de « Cité de la création contemporaine ».

PARIS - « Vous ne le regretterez pas ! » C’est par cette phrase que Marc-Olivier Wahler, le nouveau directeur du Site de création contemporaine du Palais de Tokyo, a conclu le 3 février la passation de pouvoir avec ses prédécesseurs, Nicolas Bourriaud et Jérôme Sans. L’ancien directeur du Swiss Institute de New York a ainsi la lourde tâche de prendre la relève à la direction d’un centre d’art entièrement forgé par le tandem de directeurs, nommés en 2000 dans un lieu encore en chantier et à l’époque voué à une existence éphémère. Cent huit expositions et 950 000 visiteurs plus tard, le Palais de Tokyo s’est affirmé dans le paysage artistique international et a conquis sa pérennisation. « Si je quitte New York pour Paris, a précisé le nouveau directeur, c’est que je suis convaincu que le Palais de Tokyo va servir de modèle économique pour un nombre croissant de lieux d’art français. » Son statut associatif et sa faible dotation de l’État lui imposent en effet de se procurer plus de 48 % de son budget grâce à des ressources propres.
Dans son allocution, qui venait clore la litanie des hommages rendus à Nicolas Bourriaud et Jérôme Sans, Marc-Olivier Wahler a dévoilé les grandes lignes de sa programmation – qui débutera à la suite d’une période d’intérim, d’avril à septembre, assumée par Marc Sanchez, directeur du service des expositions. Elle s’ouvrira par une manifestation transdisciplinaire intitulée « Cinq milliards d’années », qui « flirtera avec la science-fiction, la physique quantique, les trous noirs et l’espace en expansion ». L’une des nouveautés sera le module d’expositions dédiées aux jeunes artistes, lesquelles se succéderont au rythme frénétique d’un vernissage par mois (lire le JdA no 223, 21 oct. 2005, p. 3).

Encore 6 000 m2 à exploiter
D’ici peu, le Palais de Tokyo entrera dans une nouvelle phase de son histoire. Le ministre de la Culture et de la Communication, Renaud Donnedieu de Vabres, a en effet confirmé le lancement d’un projet global annoncé par le Premier ministre lors de son allocution à la FIAC, le 10 octobre. L’objectif est de réhabiliter la totalité de l’aile occidentale du Palais, dans laquelle se trouvent plus de 6 000 m2 encore inexploités. Ces espaces accueilleront une « Cité de la création contemporaine », ouverte au design, à la mode ou au cinéma, mais aussi « aux créateurs vivants de la scène française ». Alain Lombard, nommé directeur du projet de réaménagement, devrait en préciser le fond et la forme avant l’été, pour un coût estimé à 18 millions d’euros. Reste à savoir comment le Site de création contemporaine viendra se fondre dans cet ensemble. « La question se posera à terme, a déclaré Maurice Lévy, P.-D. G. de Publicis et actuel président du Palais de Tokyo. La seule certitude, c’est qu’il faudra préserver son indépendance et trouver un statut qui permettra au mieux son fonctionnement ». Le ministre de la Culture et de la Communication s’en est porté garant.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°231 du 17 février 2006, avec le titre suivant : Palais de Tokyo II

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