Dimanche 16 décembre 2018

New York, des records et des invendus

Par Éric Tariant · Le Journal des Arts

Le 17 novembre 2000 - 343 mots

Malgré quelques records mondiaux, les ventes de tableaux modernes et impressionnistes, organisées début novembre à New York chez Christie’s, Sotheby’s et Phillips, et marquées par d’importants pourcentages de lots invendus, se sont révélées décevantes.

NEW YORK - Un très beau Picasso de la période bleue peint vers 1901-1902, Femme aux bras croisés, estimé 38 millions de dollars, s’est envolé à 55 millions de dollars (422,9 millions de francs). Deux autres records mondiaux ont été établis chez Christie’s le 8 novembre. Un grand bronze d’Alberto Giacometti, La Grande Femme debout, haut de 2,68 mètres, est parti à 14,3 millions de dollars – et un Bouquet de fleurs d’Henri Fantin-Latour, à 3,5 millions de dollars. Quelques autres enchères très élevées – excessivement ? – ont été obtenues chez Sotheby’s, le 9 novembre. Une huile d’Henri Matisse de 1940, La Robe persane, a presque doublé son estimation basse à 17 millions de dollars (130,7 millions de francs). Ce fut le cas aussi d’un Portrait d’une fillette assise en robe, peint par Modigliani en 1918, enlevé à 15,6 millions de dollars. Pas de doute, les prix ont fortement progressé depuis dix ans. La Robe persane de Matisse s’est vendue quatre fois plus cher qu’en 1991 (4,5 millions de dollars chez Sotheby’s), La Grande Femme debout de Giacometti trois fois plus cher qu’en 1990 – il s’était vendu 3,9 millions de dollars à New York. Mais le marché ne s’est pas emballé pour autant. Beaucoup d’œuvres déjà apparues sur le marché ces dix dernières années mais aussi les toiles de qualité moyenne ont été boudées par les collectionneurs aujourd’hui très sélectifs. En témoignent les pourcentages très moyens de lots vendus chez Sotheby’s (60 % pour la première partie de la vente) comme chez Christie’s (58 % pour la première partie) et encore plus chez Phillips (55 % de lots vendus pour un total de 32,6 millions de dollars). Ces résultats mitigés tiennent en partie à des estimations souvent trop élevées mais aussi à la lassitude des collectionneurs qui ont négligé les tableaux réapparus trop rapidement sur le marché.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°115 du 17 novembre 2000, avec le titre suivant : New York, des records et des invendus

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