Lundi 16 décembre 2019

Museum Expressions en eaux calmes

La troisième édition du salon des produits dérivés affiche un bilan stable

Le Journal des Arts

Le 30 janvier 1998 - 483 mots

Une fréquentation progressant peu malgré l’ouverture au public, une activité économique stable, des exposants satisfaits, Museum Expressions, le salon des produits dérivés des musées, affiche un bilan stable pour sa troisième édition. Cependant, la manifestation ne dépasse guère le cadre européen.

PARIS - Le salon Museum Ex­pressions, au Carrousel du Louvre, a accueilli, entre le 10 et le 12 janvier, 4 050 visiteurs, soit 600 de plus que l’an dernier. La part du public non professionnel est négligeable dans cette progression. En effet, l’ouverture du salon au public, le 11, a été un échec complet : une centaine d’entrées payantes non professionnelles aurait été comptabilisée. D’ailleurs, la plupart des exposants, qui insistent sur le caractère professionnel du salon, s’accordent à trouver sans intérêt cette innovation : elle pourrait donc être sans lendemain. De toute façon, il y a peu à voir sur les stands ; le nombre de références étant souvent pléthorique, seul un échantillon peut être exposé. Le British Museum, présent depuis trois ans, a ainsi choisi de ne montrer que les nouveautés de son catalogue.
 
Le but principal d’une telle manifestation n’est pas de vendre au détail, mais de favoriser les contacts entre fabricants, fournisseurs et re­vendeurs en vue d’échanges futurs. Au premier rang des clients, se pressent les boutiques de musées ou de monuments historiques, dans lesquels se multiplient les points de vente. La plupart des exposants ont noté une recrudescence de l’activité dans ce secteur. À la Réunion des musées nationaux (RMN), on observe “un véritable effet de mode. Mê­me un pe­tit château veut sa bou­ti­que”. L’ave­nir dira si des petites structures de ce type sont via­bles. En tout cas, ces boutiques restent les revendeurs principaux pour des fabricants comme les Éditions du Musée Rodin. Les libraires sont également très convoités, et la Caisse nationale des monuments historiques aussi bien que la RMN s’estiment satisfaits des contacts établis. Plus inattendues, les sociétés de vente par correspondance et de télé-achat, américaines parfois, se sont montrées très intéressées.
Les fabricants français ont par ailleurs enregistré des demandes de l’étranger, soit de boutiques, soit d’intermédiaires. Néanmoins, le salon demeure très européen : les musées américains particulièrement dynamiques dans ce domaine sont absents, à l’exception du Musée d’art contemporain de Los Angeles. Ni le Metropolitan Museum of Art de New York, ni le Guggenheim, qui a pourtant participé à ce salon dans le passé, n’ont fait le déplacement. Côté européen, le Vic­toria & Albert Museum de Lon­dres, pionnier du produit dérivé, a également boudé Mu­seum Expressions. Le salon reste essentiellement européen : plus de 80 % des 1 620 visiteurs étrangers sont originaires d’Eu­rope, et pour la plupart de l’Union européenne.

Quant à la qualité générale des produits proposés, elle a progressé par rapport à l’an dernier ; “il y a moins de camelote”, a même noté l’un des exposants, contrairement à ce que quelques stands particulièrement médiocres auraient pu laisser penser.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°53 du 30 janvier 1998, avec le titre suivant : Museum Expressions en eaux calmes

Tous les articles dans Actualités

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque