Samedi 17 novembre 2018

Musées : mariage à l’italienne

Le Journal des Arts

Le 24 janvier 2003 - 660 mots

La “Fondation Musée des antiquités égyptiennes”? de Turin résulte de la première application des lois adoptées par le gouvernement italien pour rendre la gestion des musées d’État accessible au secteur privé. Loin d’un simple système de concession, le texte permet au ministère des Biens et des Activités culturelles d’attribuer l’exploitation et la gestion de ses bâtiments et collections à un organisme d’économie mixte associant État, collectivités territoriales et partenaires privés.

TURIN - Si les adeptes de la mesure misent sur une administration plus efficace et un meilleur usage des institutions culturelles, le risque d’un sacrifice des valeurs scientifiques au profit d’une exploitation financière est évidemment soulevé. Peu avant le passage à 2003, le texte sur le statut de la nouvelle “Fondation Musée des antiquités égyptiennes” a été rendu public. Cette première application, au niveau national, de la collaboration entre les secteurs privé et public était très attendue. Dans ce projet, le ministère des Biens et des Activités culturelles s’est associé aux conseils tant municipal que départemental de Turin, au conseil régional du Piémont, et aux fondations bancaires San Paolo et Cassa di Risparmio. La liste reste ouverte pour de futurs membres. Les objectifs de la fondation sont larges : la gestion, la conservation, l’entretien, la valorisation et la promotion des collections, mais aussi les nouvelles acquisitions, l’organisation d’expositions, d’événements en collaboration avec des organismes nationaux et internationaux, et l’aménagement de la structure et des espaces d’exposition du musée. Son édifice, avec ses infrastructures et ses collections, a été confié à la fondation par le ministère. Ses membres ont maintenant en charge d’apporter des ressources financières suffisantes pour la constitution d’un “fonds de donations” adéquat. Celui-ci sera affecté à la gestion ordinaire, mais aussi à la restructuration du bâtiment et à d’éventuels agrandissements. Par voie d’accords, le personnel actuel, employé par l’État, restera en place, mais la fondation aura la possibilité de procéder elle-même à des recrutements.
La fondation a en outre la possibilité d’acquérir des biens immobiliers, d’établir des hypothèques, de faire des demandes de prêts et d’investir dans des institutions publiques ou privées.
Tous les organes dirigeants de la fondation sont mandatés pour quatre ans, avec la possibilité d’un renouvellement unique. Le conseil de direction, nommé par le ministère, est composé de neuf membres : quatre sont désignés par le ministère, deux sont nommés par le président de la Région et celui du département, un est choisi par la mairie de Turin, et deux autres par chacune des deux fondations bancaires. Il revient à ce conseil de déterminer les objectifs et programmes de la fondation, d’approuver les comptes annuels et les règlements internes, et d’accueillir de nouveaux associés. Présidé par un de ses membres, le conseil est également en charge de la nomination de tous les hauts responsables de la fondation, à l’image de son directeur général. Celui-ci gère les tâches administratives et financières. Quant au conservateur du musée – un expert dans le domaine de l’archéologie issu du ministère, de l’université ou d’un autre corps scientifique –, il sera le responsable d’études, de la conservation et de la valorisation des collections du musée ainsi que de leur développement. L’activité scientifique lui est déléguée en accord avec les recommandations du directeur général. Enfin, dirigé par le président de la fondation, le comité scientifique est composé de sept membres, chacun occupant des postes importants dans les domaines de l’art et de la culture et doté d’expériences spécifiques dans les secteurs d’activité de la fondation. En sus des activités de direction des programmes et des activités scientifiques, le comité a un devoir de contrôle et de vigilance, en tant que représentant du ministère, sur les éventuels manquements aux obligations légales. Dernier niveau d’expertise, le collège des auditeurs de comptes est constitué de cinq membres. Deux, dont le président, sont nommés par le ministère des Biens et Activités culturelles, un par le ministère de l’Économie et des Finances, un par les trois organismes locaux, et enfin, un par les deux fondations bancaires.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°163 du 24 janvier 2003, avec le titre suivant : Musées : mariage à l’italienne

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