Dimanche 25 février 2018

L’Italie réforme

Vaste réorganisation dans la Culture

Le Journal des Arts

Le 13 novembre 2007

Cet été aura été celui du renouveau pour le monde des arts et de la culture en Italie. Le ministère des Biens culturels a engagé une réforme qui va bouleverser l’organisation muséale du pays avec, en prime, une nouvelle loi pour une redéfinition des biens culturels. Les interventions publiques en matière d’architecture et de restauration bénéficieront de nouveaux critères de qualité, et 3 % des budgets pour les grands travaux publics iront à la culture. Tous ces changements s’accompagnent de leur lot de polémiques.

ROME - C’est une rentrée chargée qui attend Giuliano Urbani, le ministre des Biens culturels italien. À partir du 1er janvier 2004, la réforme de son ministère entre en vigueur. La nouvelle structure ministérielle s’articulera en quatre départements distincts, subdivisés en plusieurs directions : Antiquités et Beaux-Arts, Archives et Bibliothèques, Innovation, Organisation et Recherche, Spectacle et Sport. La véritable nouveauté concerne la suppression de la surintendance archéologique de la capitale, et surtout, la disparition des pôles des musées de Venise, Florence, Rome et Naples, conçus à l’origine pour donner plus d’autonomie à ces “cités artistiques”. À leur place, de nouveaux directeurs régionaux, dont le pouvoir s’étend sur tout le patrimoine artistique et architectural de la région, assureront une transition en douceur jusqu’au 31 décembre 2005 ; les pôles des musées seront alors probablement absorbés par les fondations des musées. Les surintendants de secteur se trouveront, de fait, soumis à une nouvelle autorité.

Soutien aux jeunes
Le ministre Giuliano Urbani est convaincu que cet instrument permettra une grande autonomie et une collaboration plus étroite “d’une part entre l’État et les gouvernements territoriaux, d’autre part entre le secteur public et le secteur privé”. Or les opposants à la suppression de ces pôles – plus particulièrement les syndicats – y voient un revirement centralisateur.
La nouvelle loi sur les biens culturels, qui attend d’être adoptée, déchaîne également les passions. Parmi les nombreuses voix qui se sont manifestées, un groupe de l’Académie nationale des Lincei appelle au maintien des principes de l’article 9 de la Constitution, qui dispose que “la République suscite le développement de la culture et la recherche scientifique et technique. Elle protège le paysage et le patrimoine historique et artistique de la Nation”. Il demande aussi une définition claire et précise des tutelles, des œuvres inaliénables et de la primauté de la valeur culturelle sur l’intérêt économique du patrimoine. À l’inverse, les nouvelles normes, débattues en Conseil des ministres, sur la promotion de la qualité architecturale ont été très bien accueillies. Celles-ci prévoient la mise en place de concours d’idées et de projets, dont le soutien aux jeunes, avec la création d’un fonds proche du ministère des Biens culturels et la création d’une fondation pour la qualité architecturale.
La loi Merloni sur les travaux publics bénéficie également d’une amélioration : le Conseil des ministres a approuvé un décret qui impose des critères stricts aux appels d’offres dans le cadre de restauration de biens culturels. Fini le “rabais maximum”... Désormais, la qualité des interventions ne dépendra plus de l’argument économique. Selon Giuliano Urbani, ces changements s’intègrent dans une série d’autres mesures, qui incluent l’enseignement de la restauration.

3 % à la culture
Lors de son allocution au Sénat, le ministre des Biens culturels a annoncé qu’un accord avait été signé avec le ministre pour les Infrastructures, Pietro Lunardi, dont les termes dotent la culture de 3 % des investissements des grands travaux publics. La gestion de ces fonds reviendra probablement à Arcus Spa (Société pour le développement de l’art, de la culture et du spectacle), créée par la loi 3992 du 17 juillet 2003. La société, qui compte parmi ses actionnaires l’omniprésent ministre d’Économie et des Finances Giulio Tremonti, devrait soutenir, sur les plans financier et de l’organisation, des projets de tutelle de biens culturels.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°177 du 26 septembre 2003, avec le titre suivant : L’Italie réforme

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