Mercredi 28 octobre 2020

PORTRAIT

Les Éditions Gallimard lancent leur Galerie d’art

Antoine Gallimard, PDG des Éditions Gallimard et du groupe Madrigall

Par Christine Coste · Le Journal des Arts

Le 31 octobre 2017 - 560 mots

1947 Naissance le 19 avril d'Antoine Gallimard, l'un des quatre enfants de Claude et Simone Gallimard. Son grand-père Gaston Gallimard nomme son fils Claude à la tête de la prestigieuse maison, tandis que Simone Gallimard a pris depuis 1962 la direction du Mercure de France. Le 5, rue Sébastien-Bottin le voit grandir et intégrer en 1973 l’auguste maison après des études de droit. Du service juridique à la création des collections « Tel » (1976) et « L’Imaginaire » (1977), il fait ses armes. En 1979, son père lui confie la direction des collections « Folio » et du secteur poche.

1988 Son père le désigne comme son successeur officiel après avoir démis brutalement son fils aîné Christian, dauphin désigné. Beaucoup dans l’édition ne le croient pas capable de reprendre la présidence de Madrigall, holding du groupe Gallimard et anagramme de Gallimard. La querelle de succession qui l’oppose à son frère et à ses sœurs au début des années 1990 se solde par une victoire d’Antoine et une réconciliation avec sa sœur Isabelle, directrice de Mercure de France. Le recrutement de Terera Cremisi en 1989 en tant que directrice éditoriale apporte le nouvel élan qu’il souhaite insuffler à Gallimard, à la collection « NRF » en particulier, socle de la maison dont il préside le comité de lecture non sans décider aussi qui entre (ou non) dans la prestigieuse Pléiade.

2010 Prenant pour deux années la présidence du Syndicat national de l’édition (SNE), il bataillera pour un taux de TVA du livre numérique ajusté à celui du livre physique et un accord-cadre entre le SNE et Google obligeant le géant américain à ne pas commercialiser des textes sans l’accord de l’éditeur et de l’auteur. Des activités menées de front avec celles de Madrigall, riche d’une quinzaine de maisons d’édition, de neuf librairies et de filiales de diffusion et de distribution.

2012 Il rachète Flammarion à l’italien RCS MediaGroup, et du même coup Casterman, doublant ainsi la taille de la holding familiale Madrigall opératrice du rachat qui devient le premier éditeur indépendant en chiffre d’affaires et le troisième éditeur français, loin toutefois derrière Hachette Livre et Editis. Cette acquisition diversifie le groupe, déjà bien doté depuis les rachats successifs de P.O.L, Verticales, Denoël et La Table Ronde entre autres. Sa fille aînée, Charlotte, prend la direction de Casterman.

2013 Pour soulager la dette contractée pour le rachat de Flammarion, Antoine Gallimard invite LVMH au capital de Madrigall. Le groupe de Bernard Arnault, entré à hauteur de 9,5 %, ne pourra pas dépasser le seuil des 15 %. Antoine Gallimard a toujours veillé à l’indépendance de son groupe. En 2005, il s’était fortement endetté pour racheter la plupart des participations minoritaires afin que le capital de Madrigall redevienne à 98 % propriété de la famille.

2017 Le 11 novembre, l’inauguration de la « galerie Gallimard » scelle le désir d’Antoine Gallimard de renouer avec une longue tradition, inhérente à l’histoire de la maison et à sa relation entretenue avec les auteurs. Après la galerie de la NRF (1931-1933) dirigée par André Malraux et la galerie de la Pléiade (1940-1951) impulsée par son grand-père, la création de l’enseigne au 30/32, rue de l’Université (Paris-7e) entend mettre « autant en valeur des jeunes talents qui ont du mal à exposer leur travail que le patrimoine de la maison », riche en archives et auteurs mondialement connus. L’espace est inauguré avec une exposition consacrée à Patti Smith et ses liens avec Rimbaud, Genet et Camus.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°488 du 3 novembre 2017, avec le titre suivant : Les Éditions Gallimard lancent leur Galerie d’art

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