Jeudi 13 décembre 2018

Les Brèves : Jean Clareboudt, La Galerie Art & Patrimoine, Bernie Grant...

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 18 avril 1997 - 1071 mots

Jean Clareboudt est décédé le mardi 8 avril, après avoir été renversé avec son épouse par une voiture en Turquie. Le sculpteur, né en 1944, avait fréquenté dès 1967 l’atelier d’Étienne Martin à l’École des beaux-arts de Paris, avant d’être lauréat, en 1989, du programme Léonard de Vinci du ministère des Affaires étrangères. Il a séjourné à de nombreuses reprises au Danemark, où il a entretenu une relation privilégiée avec le sculpteur danois Robert Jacobsen. Il s’était également intéressé au domaine du film entre 1971 et 1973. Clareboudt a toujours beaucoup voyagé, en Allemagne, en Italie ou en Pologne, avant de travailler en résidence à la Fondation Calder de Saché. Adepte du fer et de la pierre, jouant de l’énergie des différentes matières, dans une veine de renouveau de la sculpture abstraite, il a réalisé de nombreuses œuvres monumentales conçues pour l’espace public. Condition 6 est aujourd’hui visible dans le parc départemental du plateau de Champigny, tandis que Oblique haute (1986-1989) est installée 26 boulevard de Brandebourg à Ivry-sur-Seine. Il préparait un autre projet monumental pour Honolulu.

La Galerie Art & Patrimoine (22 rue des Blancs-Manteaux, 75004 Paris) organise le mardi 29 avril, de 19h à 21h, un débat qui réunira Yves Michaud, professeur de philosophie à la Sorbonne, Bernard Goy, directeur du Frac Île-de-France, le poète irlandais Dirry O’Sullivan et les artistes Rebekah Berger et Gilles Marrey.

Le député travailliste Bernie Grant a protesté devant le British Museum de Londres pour tenter de persuader cette institution de rendre au Bénin des œuvres d’art emportées il y a un siècle par les Britanniques. M. Grant, fondateur du Mouvement pour les réparations à l’Afrique, a apposé sur les portes du musée une "notification de récupération" avant de déposer une pétition au nom du Comité béninois du centenaire et du roi Oba du Bénin.

Christian Boltanski a reçu à Brême (Allemagne) le Prix Roland de la Fondation des sculpteurs, doté de 20 000 deutschemarks (67 000 francs), pour l’ensemble de son œuvre. Le jury, qui remet ce prix tous les trois ans, a particulièrement mis en avant la sculpture de Boltanski Missing House, réalisée en 1991 et qui est exposée en permanence en plein air à Berlin.

Les carabiniers italiens ont annoncé avoir retrouvé dans le catalogue d’une maison de ventes aux enchères de New York une œuvre d’art volée en Italie il y a presque dix ans. Il s’agit d’une sculpture en marbre du premier siècle avant J.-C. qui avait été subtilisée en 1988 dans un couvent de Pozzuoli, près de Naples, dans le sud de l’Italie. Les carabiniers n’ont pas précisé le nom de la maison de vente. Ils ont également retrouvé à Rome un chapiteau corinthien de la Villa Celimontana, et deux tableaux du XVIIIe siècle, l’un volé en 1977 dans une église des environs de Rome, l’autre en 1991 dans un appartement de Milan. En outre, un tableau du XIXe siècle a été retrouvé au marché aux puces de Rome. L’ensemble des œuvres récupérées, dont 82 objets en argent, est évalué à quelque 12 milliards de lires (environ 35 millions de francs).

Le Metropolitan Museum of Art a restitué aux autorités cambodgiennes deux fragments de sculptures datant de l’empire d’Angkor, qui avaient disparu du Cambodge dans les années quatre-vingt. Il s’agit de la tête d’un homme, datant du XIe siècle, qui appartenait à un collectionneur américain, et de celle du dieu Shiva, datant du Xe siècle qui était au musée de New York depuis 1985. Semblant avoir été séparées de leur torse d’origine il y a plusieurs centaines d’années, elles auraient été conservées à Angkor jusqu’au début des années quatre-vingt avant de disparaître dans des circonstances inconnues. Les sculptures devraient être exposées au Musée national de Phnom Penh.

Boris Eltsine a demandé à son gouvernement de "normaliser le plus vite possible la situation financière" de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg, cruellement privé d’argent depuis des mois. Le président s’est offusqué de découvrir que son décret du 12 juin 1996, qui prévoyait la remise à flot financière du plus célèbre musée de Russie, n’avait pas été mis en application.

La 14e édition des Journées du Patrimoine se déroulera les 20 et 21 septembre sur le thème de la fête et des jeux. Arènes, théâtres, places publiques, manèges, salles et terrains de jeux, casinos, kiosques, cirques ou piscines : tous les édifices liés à ce thème et protégés pour leur valeur patrimoniale feront revivre leurs activités. Le patrimoine industriel sera également à l’honneur, permettant aux Français de découvrir des édifices et objets méconnus allant des usines aux mines, en passant par les fours à chaux ou les voitures. Déjà au programme de l’édition 1996, le thème du patrimoine en lumière sera reconduit cette année.
Début septembre, le programme complet des visites et circuits mis en place sera accessible sur le serveur Minitel du ministère de la Culture, 3615 Culture.

Le château de Bazoches, demeure du maréchal Vauban dans le Morvan nivernais, a ouvert ses portes aux visiteurs pour la première fois de sa longue existence. Le château-fort, bâti au XIIe siècle, est classé monument historique depuis 1993. Il appartient au vicomte Arnaud de Sigalas, également propriétaire du château de Cheverny (Loir-et-Cher) qui reçoit 360 000 visiteurs par an. Des travaux effectués de 1993 à 1996 – réfection des toitures, chauffage, électricité, mise aux normes des bâtiments ouverts à la visite – ont coûté 5,8 millions de francs, financés pour moitié par l’État. Arnaud de Sigalas envisage une fréquentation de 30 à 40 000 visiteurs, et de 100 000 dans une dizaine d’années.  Vauban (1633-1707) avait acquis le château en 1675. C’est ici, dans une galerie lui servant de bureau d’études, qu’il conçut les plans de près de trois cents places fortes et ouvrages chargés de défendre les frontières du royaume. Cette galerie, la bibliothèque, le bureau et la chambre de Vauban sont ouverts à la visite. Les pièces abritent un mobilier des XVIIe et XVIIIe siècles ayant appartenu à Vauban ou à ses descendants, des tapisseries des Flandres et d’Aubusson, des pastels de Quentin de La Tour, des toiles provenant des ateliers de Véronèse, de Rigaud et de Mignard, et deux petits tableaux de François Clouet (XVIe siècle).

La National Gallery of Art de Washington vient d’ouvrir un site sur l’Internet (http://www.nga.gov) comprenant plus de 3 200 images d’œuvres exposées dans le musée de la capitale fédérale américaine. Le site comprend également 3 800 détails d’œuvres et fournit un ensemble de renseignements sur la vie du musée.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°36 du 18 avril 1997, avec le titre suivant : Les Brèves : Jean Clareboudt, La Galerie Art & Patrimoine, Bernie Grant...

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