Les Brèves : Escroquerie, Jean-Luc Léon, Archéologie en Uruguay...

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 9 octobre 2009

Cinq escrocs qui tentaient de vendre de faux Klee, Kandinsky, Cézanne, Van Gogh et Re­noir en assurant qu’ils provenaient de collections d’anciens nazis ou du "trésor de guerre" saisi par l’Armée rouge ont été interpellés à Munich. Les cinq hommes, âgés de 34 à 55 ans, dont un Grec, ont été arrêtés par des inspecteurs qui se faisaient passer pour des amateurs d’art, et auxquels ils tentaient de vendre des fausses toiles. Les enquêteurs estiment que les peintures étaient réalisées en Grèce et qu’un important "groupe grec" est encore actif à Leipzig. Ils ont saisi plus d’une trentaine de fausses toiles, assurées pour un montant de 33 millions de deutschemarks, dans une ban­que d’Augsburg où elles étaient entreposées. L’un des soi-disant chefs-d’œuvre portait le poinçon "collection Gœring, 1943" avec l’aigle du Reich et une croix gammée.

Le film "Un marchand, des artistes et des collectionneurs" de Jean-Luc Léon (1996, 75 mn) a reçu le Prix du meilleur documentaire 1997, attribué par la Société civile des auteurs multimedia. Ce documentaire sur les coulisses du marché de l’art – et tout particulièrement sur la galerie Nahon – avait créé, à sa sortie, un petit scandale dans le monde de l’art. Il montrait sans complaisance les relations commerciales régnant entre les célèbres marchands et trois de leurs artistes, Dado, Arman et Louis Cane (lire les JdA n° 29 et 30).

Les premiers résultats des fouilles menées par des archéologues uruguayens dans la province de Rocha, à 250 km à l’est de Montevideo, attesteraient de l’existence dans cette partie du continent sud-américain d’une civilisation vieille de plus de 3 000 ans. Cette région voisine de la frontière avec le Brésil recèle quelque 2 000 tumulus, d’un diamètre de 40 m et dont la hauteur varie entre deux et sept mètres. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives et remet notamment en cause la conviction, se fondant sur les récits des Espagnols et des Portugais du XVIe siècle, selon laquelle le territoire de l’Uruguay était peuplé de tribus nomades très primitives. Les archéologues pensent que les habitants de cette région étaient des sédentaires avec une organisation sociale élaborée.

Une équipe d’archéologues français a découvert sur le plateau de Saqqara, au sud du Caire, la base d’une nouvelle pyramide remontant à quelque 2 300 ans av. J.-C. La nouvelle pyramide a été découverte dans la nécropole des Reines, près de la pyramide du pharaon Pépi 1er (VIe dynastie, sous l’Ancien Empire). À proximité, les archéologues ont également retrouvé un linteau de porte portant le nom de la reine Ankhesen-Pépi, épouse de Pépi 1er et mère de Pépi II, dont le règne de 95 ans aurait été le plus long de l’histoire. Les fouilles de la mission, placée sous la direction scientifique du professeur Jean Leclant et qui relève du Centre national de la recherche scientifique, sont dirigées par Audran Labrousse, directeur de recherches au CNRS.

Un musée de la momification sera inauguré ce mois-ci à Louxor en Haute-Égypte pour offrir aux visiteurs des "notions complètes sur cette pratique pharaonique", a annoncé le secrétaire général du Conseil supérieur des Antiquités, M. Ali Hassan. Il s’agit du premier musée du genre au Proche-Orient. Une seule momie sera exposée dans la section réservée à l’espèce humaine. Il s’agit de Ma Sa Hara-Ti, grand prêtre d’Amon de la XXIe dynastie (945-1070 av. J.-C.). Dans la section des animaux – poissons et reptiles –, un spécimen de chaque espèce momifiée du temps des pharaons sera montré. Les autres regrouperont des mobiliers funéraires, des sarcophages, des statues de dieux et déesses liés à la momification et à la mort. Une section spéciale présentera des scènes, gravées dans la pierre ou dessinées sur papyrus, expliquant l’opération et les usages de la momification.

Le Pritzker Prize a été décerné au Norvégien Sverre Fehn pour son travail, "passionnante combinaison de formes modernes tempérée par la tradition scandinave". Cet architecte de 72 ans est le 20e à remporter ce prix, doté d’une récompense de 100 000 dollars, qui lui sera remis le 31 mai au Musée Guggenheim de Bilbao, conçu par le Pritzker Prize1989, Frank Gehry.
Sverre Fehn, qui a essentiellement travaillé en Norvège, en Suède et au Danemark, a conçu aussi bien un musée autour de ruines du XIVe siècle qu’une résidence pour personnes âgées. Il a acquis une notoriété internationale avec le pavillon norvégien construit dans le cadre de l’Exposition universelle de Bruxelles en 1958.

La célèbre sculpture symbolisant la ville de Rome – une louve allaitant Romulus et Remus – va être restaurée. L’œuvre, qui date du Ve siècle av. J.-C., est considérée comme la plus ancienne sculpture en bronze d’Italie et n’avait jamais été restaurée depuis le XVe siècle. Elle n’était devenue le symbole de la ville qu’en 1471, au moment où elle avait été transférée place du Capitole, au cœur de Rome. Selon la légende, le descendant d’Énée, Romulus, fondateur et premier roi de Rome au VIIIe siècle av. J.-C., avait été jeté avec son frère Remus dans le Tibre qui traverse la ville. C’est une louve qui les aurait recueillis et allaités. La restauration durera huit mois ; elle devrait permettre d’établir si la sculpture est d’origine étrusque, romaine ou grecque.

La maison de l’archéologue britannique Howard Carter à Louxor sera ouverte au public en octobre. Cet événement interviendra à l’occasion du 75e anniversaire de la découverte par Carter de la tombe de Toutankhamon. Située sur la rive ouest de Louxor, sur une petite colline à droite de l’entrée de la Vallée des Rois, elle servait ces dernières années de bureau pour les inspecteurs et les archéologues opérant sur le site. De style campagnard égyptien, la maison, bâtie en torchis, comporte un seul étage surélevé d’une coupole. Howard Carter y a vécu pendant près de six ans.

Les autorités égyptiennes ont déjoué une tentative pour faire sortir en contrebande du pays un sarcophage en calcaire de l’époque pharaonique d’une valeur inestimable. Le sarcophage a été retrouvé dans la ville d’Ahnasiya, près de Béni Soueif, à 125 km au sud du Caire, où se trouve le site de Héracléopolis. Les autorités, qui avaient reçu des informations sur les agissements d’une bande de pilleurs de tombes dans cette région, les ont surpris alors qu’ils transportaient le sarcophage en pleine nuit.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°38 du 16 mai 1997, avec le titre suivant : Les Brèves : Escroquerie, Jean-Luc Léon, Archéologie en Uruguay...

Tous les articles dans Actualités

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque