Dimanche 15 décembre 2019

Disparition

Le pop perd Richard Hamilton

Le père du pop art est décédé à l’âge de 89 ans. Il travaillait à une importante rétrospective internationale.

Par Maureen Marozeau · Le Journal des Arts

Le 21 septembre 2011 - 516 mots

Richard Hamilton est décédé à l’âge de 89 ans. Membre de l’Independent Group dans les années 1950, il est le père du pop art britannique.

PARIS - « Le Pop Art est : populaire, éphémère, jetable, low cost, produit en masse, jeune, bourré d’humour, sexy, plein de gadgets, glamour, et un gros business », avait déclaré en 1957 Richard Hamilton, décédé le 13 septembre à l’âge de 89 ans. Même s’il a fini par lui voler la vedette, Andy Warhol était l’admirateur fervent de l’artiste pilier du pop art britannique, mouvance lancée dès les années 1950 par l’Independent Group et cristallisée avec leur exposition pluridisciplinaire « This is Tomorrow », à la Whitechapel Art Gallery de Londres en 1956. Hamilton y présentait Just What is It That Makes Today’s Homes so Different, so Appealing ? (Mais qu’est-ce qui rend les foyers d’aujourd’hui si différents, si séduisants ?), collage mettant en scène un culturiste dans un intérieur moderne ; une image iconique considérée par beaucoup comme la première œuvre d’art pop. 

Lion d’or en 1993
Né le 24 février 1922 à Londres, Hamilton s’est découvert un talent de dessinateur lors d’un apprentissage dans une fabrique de composants électriques. Talent qu’il perfectionne à la Saint Martin’s School of Art, puis à la Royal Academy Schools et à la Slade School of Art. Très vite, il rejoint l’Institute of Contemporary Arts (ICA), où il participe à l’organisation d’expositions (parmi lesquelles la séminale « Man, Machine and Motion » en 1955) tout en enchaînant les postes d’enseignant (Central School of Art and Design, Royal College of Art…). C’est à l’ICA qu’il découvre l’œuvre de Marcel Duchamp, qui ne cessera de l’inspirer. Tant et si bien que sa rencontre en 1962 avec l’artiste français débouche en 1966 sur une rétrospective à la Tate Gallery, pour laquelle Hamilton réalise des copies d’œuvres trop fragiles pour voyager – sa version de La Mariée mise à nu par ses célibataires, même est aujourd’hui visible à la Tate Modern, à Londres. Puisant ses sources dans la culture urbaine et les médias, Hamilton détourne les symboles de la société de consommation et interroge l’image à travers toutes ses représentations : peinture, collage, sculpture, design industriel, typographie, imprimerie, installation… Le succès est immédiat et les expositions monographiques se succèdent au niveau international, avec en prime un Lion d’or décerné pour sa représentation de la Grande-Bretagne à la Biennale de Venise en 1993. Mais qui dit pop ne dit pas nécessairement légèreté. Antimilitariste convaincu, Hamilton malmène ses Premiers ministres : Hugh Gaitskell en raison de son opposition à une campagne de désarmement nucléaire, et Tony Blair pour son ralliement aux États-Unis dans la guerre contre l’Irak – son engagement politique est au cœur de l’exposition de la Serpentine Gallery en 2010.  Malgré la maladie et son âge avancé, Hamilton était encore actif. Dans son hommage à l’artiste, la galerie Gagosian indique qu’il travaillait sur une rétrospective muséale, la première depuis 2003. Prévue en 2013 et 2014, avec Paul Schimmel et Vicente Todolí pour commissaires, elle débutera à Los Angeles avant de voyager vers Philadelphie et Londres et Madrid. 

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°353 du 23 septembre 2011, avec le titre suivant : Le pop perd Richard Hamilton

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