Sondage

Le mécénat progresse

Le mécénat culturel devance l’humanitaire

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 17 juin 2008

Sur les 2,5 milliards d’euros consacrés au mécénat d’entreprise en France, en 2008, la Culture est le domaine qui attire les budgets les plus importants, devant l’humanitaire. Tels sont les résultats de l’enquête menée par l’institut de sondage CSA pour l’Admical (l’Association pour le développement du mécénat industriel et commercial). L’étude révèle aussi que les entreprises mécènes sont de plus en plus généreuses et nombreuses.

PARIS - Les entreprises mécènes sont plus généreuses et plus nombreuses, tandis que la culture lève les budgets les plus importants du mécénat en 2008 : telles sont les données principales de la nouvelle enquête réalisée par le CSA pour l’Admical (Association pour le développement du mécénat industriel et commercial), début avril et rendue publique le 12 juin. Une enquête similaire avait déjà été effectuée en 2006, mais, cette année, l’institut de sondage a pris en compte les entreprises de vingt salariés et plus, alors qu’auparavant, elle se limitait aux entreprises de plus de deux cents salariés.

Mécénat croissant
Le budget consacré au mécénat d’entreprises s’élève à 2,5 milliards d’euros, tous les domaines confondus (solidarité, culture, sport, environnement et recherche). Cela représente une augmentation de 50 % par rapport à 2006 et à paramètres constants. En 2006, les entreprises de plus 200 salariés avaient consacré un milliard d’euros au mécénat contre 1,57 milliard en 2008. Si les actions de solidarité restent les plus nombreuses (les choix des entreprises se portent à 47 % sur la solidarité, suivi de la culture à hauteur de 36 %), en termes de budgets, la culture passe en tête avec 39 % des crédits, contre 32 % pour la solidarité, suivi de l’environnement (15 %), la recherche (9 %) et le sport (5 %). Une donnée à relativiser car le tsunami de 2005 s’était accompagné d’un élan solidaire sans pareil, faussant légèrement la donne. En 2008, la culture concentre à elle seule 44 % du budget mécénat des entreprises de plus de 200 salariés, contre 34 % en 2006, tandis qu’à l’inverse, les crédits dévolus aux actions de solidarité sont passés de 55 % à 33 % de ce budget. Si 63 % du budget mécénat sont versés par les entreprises de plus de 200 salariés, il faut toutefois noter l’importance des petites structures – 20 % du budget sont apportés par les entreprises de 20 à 99 salariés contre 17 % par les entreprises de 100 à 199 salariés –, notamment en régions où elles agissent souvent par le biais des clubs d’entreprises. Au total, 23 % des entreprises françaises sont mécènes et 73 % d’entre elles sont des PME. C’est le secteur d’activité des services qui est le plus actif (ils représentent 43 % des mécènes et 64 % du budget global mécénat) suivi de celui du commerce (23 % du budget mais 16 % des mécènes) et de l’industrie et l’énergie (8 % du budget, mais 27 % des mécènes), puis du domaine des constructions (4 % du budget, 8 % des mécènes), et, enfin de celui de l’agriculture et l’agroalimentaire (6 % mécènes et 1 % du budget). Les entreprises ont, en outre, tendance à adopter d’autres formes que le mécénat financier, même si ce dernier est largement majoritaire : 81 % des entreprises font du mécénat financier, 33 % proposent du mécénat en nature et 22 % du mécénat de compétence (plusieurs réponses étaient proposées aux 751 entreprises sondées pour l’enquête). Le sondage met aussi en exergue la multiplication des fondations d’entreprises, qui sont aujourd’hui 290 contre 120 en 2003, signe fort de l’intérêt porté à la cause. Autre donnée intéressante : seuls 54 % des entreprises mécènes bénéficient de réductions fiscales, rendues possibles par la loi 2003. Plus encore que le manque d’information, la volonté de rester discret semble en être la raison principale. Marianne Eshet, déléguée générale de l’Admical, n’hésite pas à parler d’une véritable « explosion » du mécénat en France depuis la loi de 2003, rendant hommage à l’action menée par son ancien président Jacques Rigaud, apparemment irremplaçable. Parti en janvier 2008, il n’a toujours pas de successeur, Guillaume Pepy, d’abord choisi à ce poste, a finalement été appelé à la présidence de la SNCF, dont il était le directeur général exécutif depuis 10 ans. C’est pour l’heure Alain Grangé Cabane, ancien vice président de l’Admical, qui joue le rôle de président intérimaire.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°284 du 20 juin 2008, avec le titre suivant : Le mécénat progresse

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