Vendredi 23 février 2018

Travaux

Le Grand Palais poursuit sa mue

Par Sophie Flouquet · Le Journal des Arts

Le 17 mars 2009

De nouveaux espaces seront rouverts dès la fin de l’année dans le bâtiment.

PARIS - Le prix du Grand Palais ? 300 millions d’euros. Telle est l’évaluation établie en février 2008 par l’agence France Domaine, chargée de la politique immobilière de l’État. Le nouveau navire amiral des événements parisiens, construit pour l’Exposition universelle de 1900, n’est pourtant pas à vendre. « Cette valeur est inscrite au bilan de l’établissement et nous permet de mener une politique d’amortissement, s’enthousiasme Yves Saint-Geours, président de l’établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) du Grand Palais. Il s’agit d’une première car, dans les comptes des établissements, les monuments historiques sont habituellement comptabilisés à l’euro symbolique. » Ce coup de pouce de Bercy permet en effet de maintenir un déficit d’exploitation, lié aux travaux menés sur l’immeuble, et donc de ne plus payer l’impôt sur les sociétés. De quoi dégager des marges supplémentaires pour la remise en état du bâtiment.
Deux ans après la création de l’EPIC, Yves Saint-Geours ne cache donc pas sa satisfaction. La page est désormais tournée s’agissant des projets de travaux souterrains évoqués lors de la première tranche de rénovation. Le plan d’action 2008-2011 prévoit en effet de s’attaquer aux nombreux espaces encore en friche à l’intérieur de l’édifice. L’accent sera porté sur le pôle sud est, situé côté Seine. La rotonde Alexandre-III mais aussi la galerie sud-est, ouvrant sur la loggia de la façade, seront rénovées, tout comme le passage charretier, qui permet d’accéder de plain-pied à la nef, ainsi que la rotonde de la Reine, située à l’ouest. Le morceau de prestige de cette nouvelle tranche de travaux concerne toutefois le salon d’honneur, situé au débouché du grand escalier métallique à double révolution de la nef. Le 12 mars, le mur de séparation – surmonté d’un tympan qui recevra bientôt une commande publique – a été officiellement démoli, annonçant le lancement d’un chantier qui devrait s’achever dès la fin de l’année. Conçu initialement comme un salon de musique puis comme un lieu de réception, cet espace de plus de 1 200 mètres carrés sous verrière avait été annexé lors de sa création, en 1938, par le Palais de la découverte avant d’être profondément et radicalement transformé puis abandonné. Un étonnant vestige de maquette de centrale nucléaire, destinée à une exposition, témoigne encore de cette vocation scientifique. Yves Saint-Geours se défend pourtant de toute tentative de colonisation du Palais de la découverte. « L’idée n’est pas de menacer les occupants permanents du site que sont le Palais de la découverte ou les Galeries nationales du Grand Palais, mais de redonner leur cohérence aux circulations, soutient-il. Ces travaux favoriseront l’ensemble des occupants. »

La question climatique
Placées sous la responsabilité de l’architecte en chef des Monuments historiques Alain-Charles Perrot, les opérations sont étroitement pilotées par une maîtrise d’ouvrage opérationnelle intégrée à l’établissement. Un montant de 40 millions d’euros sera investi, dont 30 millions sont financés sur emprunt et 6 millions tirés du bénéfice d’exploitation ; le reste sera subventionné par le ministère de la Culture, les mécènes étant encore peu nombreux. La multiplication des possibilités d’accueil liées à ces travaux devrait néanmoins changer la donne. Le plan d’action prévoit aussi de revoir les prestations d’accueil du site, en y prenant notamment en compte la question climatique – la climatisation, estimée à 50 millions d’euros, n’y sera toutefois pas installée. « Dans deux ans, le bâtiment aura beaucoup évolué, prédit Yves Saint-Geours. Nous aurons su capitaliser sur l’attractivité de la nef. »

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°299 du 20 mars 2009, avec le titre suivant : Le Grand Palais poursuit sa mue

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