Jeudi 12 décembre 2019

Art Contemporain

L’art est un rendez-vous

Par Frédéric Bonnet · Le Journal des Arts

Le 31 mars 2009 - 815 mots

Borné par les balises que sont les foires et biennales renommées, le calendrier de l’art contemporain s’est enrichi de nouveaux rendez-vous périodiques.

À l’étranger, même si ses éditions furent de qualité inégale, c’est la biennale « Manifesta » qui s’est imposée avec le plus de crédibilité. Lancée en 1996 à Rotterdam (Pays-Bas), la manifestation, toujours confiée à une alliance de commissaires, fut l’une des premières tentatives pertinentes pour répondre à la mondialisation croissante. Nomade, elle s’installe systématiquement hors des centres névralgiques de l’art contemporain (Ljubljana en Slovénie en 2000, San Sebastián en Espagne en 2004…), éclairant de nouveaux territoires et stimulant des réseaux « secondaires ». Un ratage est à son passif, avec l’annulation de l’édition 2006 prévue à Chypre.
En France, trois rendez-vous sont devenus essentiels dans le paysage artistique. C’est en 2001 que le « Printemps de Cahors » quitte le Lot pour s’installer à Toulouse et prendre le nom de « Printemps de septembre ». Succédant à Marta Gili, qui y officia comme directrice artistique en 2002 et 2003, Jean-Marc Bustamante et Pascal Pique, en charge des trois éditions suivantes, ont consacré la mue d’un festival initialement dévolu à la photographie et à la vidéo, et désormais ouvert à toutes les disciplines.
À Paris, la renaissance du Grand Palais suscita de nouvelles propositions émanant du ministère de la Culture. En 2006, l’édifice accueille « La force de l’art », manifestation triennale consacrée à la création en France. Elle est cette année confié à un triumvirat formé de Jean-Louis Froment, Jean-Yves Jouannais et Didier Ottinger. En 2007 est lancée « Monumenta », qui, sur une périodicité annuelle et toujours dans la nef du Grand Palais, propose les interventions monumentales réalisées par des artistes majeurs. À la suite d’Anselm Kiefer puis de Richard Serra l’an dernier, c’est Christian Boltanski qui sera à la manœuvre au début de l’année 2010, après un léger glissement dans le calendrier.

Légende
1994|Minneapolis
Organisée à Madrid avant d’être présentée dans plusieurs institutions américaines – ainsi le Walker Art Center –, la rétrospective de Bruce Nauman conforte celui-ci dans son statut de légende de l’art vivant.

Chamanisme
1994|Paris
Longtemps mal aimée en France, car mal comprise, la figure chamanique de Joseph Beuys occupe le Centre Pompidou dans une rétrospective conçue par Harald Szeemann et Fabrice Hergott.

Libres artistes
1994|Paris
Au Centre Pompidou, Jean de Loisy orchestre « Hors limites. L’art et la vie, 1952-1994 », brillante et énergique réflexion sur la liberté en art par-delà les conventions.

Post-sexe
1994|Paris
Le Musée d’art moderne de la Ville confie à Elein Fleiss et Olivier Zahm la conception de « L’hiver de l’amour », chronique d’une génération post-sida qui réinvente ses idéaux et modes de fonctionnement.

Domaine privé
1995|Paris
Lors de « Passions privées », le Musée d’art moderne de la Ville s’ouvre à plusieurs dizaines de collections particulières. Une première en France !

Art sexué
1995|Paris
Avec « Féminin-Masculin, le sexe de l’art », présentée au Centre Pompidou, Bernard Marcadé et Marie-Laure Bernadac explorent le sexe non plus seulement comme sujet mais comme composante à part entière du processus artistique.

In situ
1997|Marseille
Le MAC-Galeries contemporaines des Musées de Marseille devient à l’initiative de Dieter Roth, artiste suisse d’origine allemande, un lieu de vie. Plusieurs semaines durant, il y invente l’accrochage d’une exposition qu’il qualifie de « gigantomaniaque » et y rédige les pages du catalogue.

Chocking !
1997|Londres
À la Royal Academy, « Sensation » s’accompagne d’une vive polémique en raison d’œuvres jugées choquantes, signées notamment des frères Chapman et de Marcus Harvey.

Célébration
2000|Avignon
La Mission 2000 confie à Jean de Loisy l’organisation de « La Beauté », événement fleuve qui essaime avec des bonheurs divers dans toute la Cité des papes.

Scandale
2000|Bordeaux
Se pencher sur les « travers » de l’enfance indispose. « Présumés innocents », présentée au CAPC-Musée d’art contemporain, vaut aux commissaires de l’exposition et au directeur du musée une mise en examen pour « diffusion d’images à caractère pornographique ». L’affaire se conclura en 2008 par un non-lieu.

Collisions
2002|Paris
Au Musée d’art moderne de la Ville, Bertrand Lavier expose son talent à grande échelle, avec ses équations visuelles toujours redoutablement efficaces.

Le plus bel âge…
2003|Arles, Avignon, Nantes, Strasbourg
Les quatre villes sont retenues pour accueillir « Trésors publics », une série de manifestations qui célèbrent les 20 ans des FRAC (Fonds régionaux d’art contemporain).

Afrique globale
2005|Paris
Avec « Africa Remix », le Centre Pompidou propose une lecture globale de la scène artistique africaine contemporaine tout en la rapportant à l’échiquier mondial.
 
Come-back
2005|New York
Daniel Buren retourne au Guggenheim Museum pour une exposition personnelle. Y installant « The Eye of the Storm », il se réapproprie la rotonde avec brio.
 
Unique
2007|Bâle
Par une rétrospective unique en son genre, le Schaulager consacre Robert Gober comme l’un des plus grands sculpteurs de son époque. D’anciennes expositions sont intégralement reconstituées au sein du parcours.

Et aussi…

1995|Controverse à la Biennale de Venise, où Jean Clair supprime la section « Aperto » consacrée aux jeunes avant-gardes. En 1999 et 2001, Szeemann refond la formule avec l’ouverture de l’Arsenal. À sa suite, Francesco Bonami, le duo MarÁ­a de Corral/Rosa MartÁ­nez, et Robert Storr accompagnent une expansion graduelle des représentations nationales.

1997|La Biennale de Lyon concoctée par Harald Szeemann fait forte impression. Depuis sa création en 1991, la manifestation est parvenue à se maintenir au nombre des rendez-vous d’importance. En 2003, avec « C’est arrivé demain », les codirecteurs du Consortium, le centre d’art contemporain de Dijon, sont les commissaires d’une édition très réussie.

1997|La Française Catherine David est commissaire de la Documenta X, à Cassel, en Allemagne. Lui succèdent le Nigérian Okwui Enwezor en 2002 et l’Allemand Roger M. Buergel en 2007.

2002|Paris s’enrichit de deux nouveaux centres d’art avec les ouvertures concomitantes du Palais de Tokyo et du Plateau. Prenant la tête du premier, Marc-Olivier Wahler succède en 2006 au tandem Nicolas Bourriaud/Jérôme Sans. Le second est dirigé par Éric Corne avant Caroline Bourgeois et, depuis 2008, Xavier Franceschi.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°300 du 3 avril 2009, avec le titre suivant : L’art est un rendez-vous

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