L’Afaa prend une nouvelle orientation

Par Emmanuel Fessy · Le Journal des Arts

Le 12 mai 2000

Depuis le 1er février, l’Association française d’action artistique (Afaa), chargée de promouvoir la culture française hors de nos frontières et d’accueillir des créateurs étrangers sur notre sol, a un nouveau directeur, Olivier Poivre d’Arvor. Elle prend une nouvelle orientation avec un rapprochement entre les ministères des Affaires étrangères et de la Culture, ainsi qu’une réorganisation interne.

PARIS - La gestion de l’Afaa, créée en 1922, est un sujet de discussion récurrent. Sous tutelle exclusive du ministère des Affaires étrangères, elle est accusée de servir les intérêts de la diplomatie française et de ne pas s’appuyer sur le réseau culturel national dont elle ne relaie pas assez les activités à l’extérieur. Bref, d’engloutir parfois des subventions importantes dans des opérations diplomatico-mondaines, sources d’irritation en France et de sourires moqueurs à l’étranger. Pour pallier ces défauts, Jack Lang avait créé au sein du ministère de la Culture un département des Affaires internationales (DAI), chargé de donner une audience à son action. Mais, même si l’Afaa et le DAI se sont rapprochés ces dernières années, ces deux entités ont souvent été perçues davantage en concurrence que servant une cause commune, au fond. À l’opposé, avant son arrivée rue de Valois, Jacques Toubon avait défendu le rattachement de l’Afaa au ministère de la Culture. Ce projet, qui n’a pas été réalisé, avait l’inconvénient de mettre entre parenthèses le réseau culturel international français, les quelque 400 Alliances et Instituts français. Leurs responsables, en prise sur le  terrain, peuvent jouer un rôle essentiel.

Conscient que la solution réside dans une réelle coopération entre les deux ministères, Hubert Védrine a trouvé une oreille attentive chez Catherine Trautmann, puis chez Catherine Tasca, et a chargé Olivier Poivre d’Arvor de mettre en œuvre cette collaboration. L’ancien conseiller culturel à Londres (1994-98), qui a pu apprécier les qualités du pragmatisme anglais et l’efficacité du British Council, affiche la volonté de “marier les ressources artistiques et l’expertise du ministère de la Culture avec les capacités de diffusion à l’étranger du Quai d’Orsay”. Ce tournant a été marqué symboliquement par la présence des deux ministres lors d’une conférence de presse, le 18 avril. Concrètement, il se traduit par la définition par l’État de plusieurs missions à l’Afaa, pour l’organisation des saisons étrangères en particulier, “cahier des charges et évaluation à l’appui”, et l’organisation de réunions entre les directions des deux administrations. Par ailleurs, “OPdA” a réorganisé la maison. Le conseil d’administration, désormais présidé par Robert Lion (ancien directeur de cabinet de Pierre Mauroy à Matignon) a été ramené de 40 à 18 membres ; les arts visuels, l’architecture et le patrimoine sont regroupés en un seul département, dirigé par Jany Bourdais ; deux autres départements sont créés, celui de la Coopération, de l’Ingénierie et du Développement culturels, celui de la Communication et du Partenariat. Enfin, l’Afaa règne sur le monde entier, puisque le rattachement du ministère de la Coopération au Quai d’Orsay a entraîné sa fusion avec l’association Afrique en créations. Cet automne, pendant quatre mois à Lille, toutes deux montreront les tendances le plus récentes de la création africaine.

Quelques grands rendez-vous cette année • “Paris sur scène�? à Londres (5 juin-1er juillet)
• VIIe Biennale d’architecture de Venise (18 juin-28 octobre)
• “Afrique en créations�?, Lille (septembre-décembre)
• Séoul 2000, à l’occasion du troisième Asia-Europe Meeting
• “Génération/s 2001�?, programme culturel accompagnant la présidence française de l’Union européenne du 1er juillet au 31 décembre, doté de 20 millions de francs. 159 projets ont déjà été retenus sur 600 demandes de soutien. L’association, qui emploie 90 personnes, bénéficie pour cette année d’un budget de 131,8 millions de francs, dont 104,8 versés par les Affaires étrangères, 11,2 par les collectivités locales, 9,4 par des entreprises et 6,4 par le ministère de la Culture. Un site :
www.afaa.asso.fr

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°105 du 12 mai 2000, avec le titre suivant : L’Afaa prend une nouvelle orientation

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