Dimanche 22 septembre 2019

L’activisme culturel d’Intesa Sanpaolo

Par Olivier Tosseri (correspondant à Rome) · Le Journal des Arts

Le 5 septembre 2019 - 480 mots

En trente ans, la banque a financé la restauration de 1 300 œuvres d’art provenant de toutes les régions italiennes et de certains musées étrangers. Une politique culturelle menée en étroite collaboration avec le ministère.

« Restituzioni ». C’est le nom du programme lancé il y a tout juste trente ans par Intesa Sanpaolo. Il prévoit la prise en charge par la banque de la restauration d’œuvres d’art dans des musées ou des églises. Lors de sa première édition, le programme avait concerné une dizaine d’œuvres sur une cinquantaine ayant été sélectionnées uniquement en Vénétie. Aujourd’hui, une centaine d’objets par an venant de l’ensemble des régions italiennes sont retenus par un comité d’experts qui étudie près de quatre cents dossiers déposés. Tous les deux ans, à l’issue du chantier de restauration et avant leur restitution, une exposition publique est organisée dans l’une des trois Gallerie d’Italia ouvertes par Intesa Sanpaolo, qui publie pour l’occasion un catalogue gratuit disponible sur Internet.

Les objets ne sont pas seulement des chefs-d’œuvre provenant de musées prestigieux comme l’Ermitage à Saint-Pétersbourg ou la Gemäldegalerie Alte Meister de Dresde. La banque est attentive au choix du patrimoine mineur de paroisses de campagne ou de musées locaux à court de financements et pour lesquels il est difficile d’attirer l’attention de mécènes. La sélection s’effectue en étroite collaboration avec le ministère pour les Biens et Activités culturels (MiBAC), les musées autonomes et les surintendances pour les biens archéologiques et culturels. Ces derniers sont des organismes publics qui donnent leur avis sur l’urgence ou la nécessité d’une restauration et indiquent les professionnels qui travailleront sur les chantiers. Parmi les plus emblématiques de ces chantiers figurent celui des mosaïques du sol de la basilique d’Aquilée [voir ill.], le portail en bronze de la basilique Saint-Marc de Venise ou encore les fresques de Lanfranco du Duomo (la cathédrale) de Naples.

Depuis 1989, 1 300 œuvres ont ainsi été restaurées dans le cadre du programme « Restituzioni ». Lors de la dernière édition en 2018, il a porté sur 212 objets datant de l’Antiquité au XXe siècle : des fresques provenant d’une tombe conservée au musée égyptien de Turin, le portrait de Catherine Durazzo Adorno d’Anton Van Dyck conservé au Palazzo Reale de Gênes ou encore un Saint Jérôme pénitent du Titien exposé à la pinacothèque de Brera. Pour célébrer le trentième anniversaire de « Restituzioni », Intesa Sanpaolo devrait ouvrir en septembre un chantier monumental, celui de la restauration de La Cène de saint Grégoire le Grand de Paolo Veronese. C’est le seul tableau des grands banquets peints par l’artiste encore conservé dans son lieu d’origine. Exécutée en 1572, la toile de près de 5 mètres de haut et 9 mètres de large se trouve dans le réfectoire du sanctuaire de la Madonna di Monte Berico, près de Vicence. Elle ne sera pas déplacée et le chantier, prévu pour s’achever à l’automne 2020, sera ouvert au public.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°528 du 6 septembre 2019, avec le titre suivant : L’activisme culturel d’Intesa Sanpaolo

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