La Tate dépassée

Son directeur s’oppose à un projet immobilier

Le Journal des Arts

Le 12 octobre 2001

La ville de Londres a donné son aval pour la construction d’une tour 25 mètres plus haute que la grande cheminée de la Tate Modern. Également convoité par la nouvelle institution, le terrain situé face à l’entrée du musée n’a pas échappé aux griffes des promoteurs immobiliers.

LONDRES (de notre correspondant) - Une tour de 32 étages d’appartements de luxe menace les abords de la Tate Modern de Londres. En effet, à quelques mètres de l’entrée principale du nouveau musée, la ville de Londres prévoit une construction qui dépasserait de 25 mètres la haute cheminée de la centrale électrique de Bankside conçue par Gilbert Scott. Selon Nicholas Serota, directeur de la Tate Modern, ce projet “revient à proposer la construction d’une tour d’habitation dans la cour principale du British Museum”. Convaincu que ce projet vise à tirer profit du succès populaire du musée, il remarque notamment que cette réalisation “n’apporte pas grand-chose au domaine public et n’est autre qu’une tentative opportuniste de générer des bénéfices privés sur les acquis publics qui ont été réalisés”. La Tate Modern a été conçue, ajoute-t-il, “comme le pendant de la cathédrale Saint-Paul sur la rive opposée de la Tamise. Une tour d’appartements de luxe de 100 mètres de haut changera complètement le profil des berges”. Bien avant l’ouverture du musée au public, dès 1996, les administrateurs de la Tate avaient vainement essayé de faire l’acquisition du site d’Hopton Square. Conçue comme un “bâtiment ventilé naturellement à faible consommation d’énergie” par Kevin Dash Architects et Gumuchdjian Associates, la tour, habillée de verre et coiffée d’un mât, refléterait la cheminée en brique de la Tate Modern. Le rez-de-chaussée et le premier étage de ce bâtiment d’habitation seraient réservés aux restaurants et aux boutiques, ce qui, selon les promoteurs, “pourrait être la solution aux pressions actuelles et aux contraintes de circulation du public autour de l’entrée de la salle des turbines de la Tate Modern”.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°134 du 12 octobre 2001, avec le titre suivant : La Tate dépassée

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