Vendredi 23 février 2018

La roue tourne pour le patrimoine anglais

La Loterie nationale britannique profitera moins aux arts

Par Martin Bailey · Le Journal des Arts

Le 14 septembre 2009

Une loi devrait accroître le nombre des “bonnes causes”? susceptibles de recevoir une part des recettes de la Loterie. Les sommes allouées aux Beaux-Arts et au Patrimoine sont désormais réduites de 50 millions de livres par an. La réalisation de certains grands travaux se trouve d’ores et déjà hypothéquée par cette mesure.

LONDRES (de notre correspondant) - Au mois de septembre, le ministre de la Culture Chris Smith déclarait que la Loterie devait “maintenant s’intéresser davantage aux gens et moins aux bâtiments” (lire le JdA n° 43). Du fait de cette réorientation, les fonds destinés à l’art seront nécessairement réduits. Le gouvernement travailliste a déjà commencé à redéployer les recettes jusqu’à présent allouées aux “bonnes causes” existantes (arts, patrimoine, sports, œuvres de charité, Millenium Commission), au profit d’un New Opportunities Fund qui financera les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’environnement. D’ici l’an 2001, les cinq causes initiales auront perdu près d’un milliard de livres au bénéfice de la sixième. Dans le courant du mois de novembre, Chris Smith devrait présenter un projet de loi sur la Loterie afin de créer officiellement le New Opportunities Fund. Ce même projet donnera mission à la Nesta (National Endowment for Science, Technology and the Arts) de promouvoir les jeunes talents. D’après le ministre, les recettes générées par la Loterie sont supérieures aux estimations de départ grâce au succès rencontré par le tirage de milieu de semaine ; les “bonnes causes” existantes ne seront donc pas pénalisées. Mais si jusqu’à la victoire du parti travailliste aux élections du mois de mai, les “bonnes causes” espéraient obtenir davantage de fonds, il apparaît aujourd’hui qu’il n’en sera rien. Jusqu’au 14 octobre, les cinq causes initiales recevaient chacune 20 % des recettes de la Loterie. Seule la Millenium Commission (commission pour l’an 2000) continuera à les percevoir jusqu’en octobre 1999. Les quatre autres devront se contenter de 16,6 % chacune, leurs revenus annuels passant de ce fait de 250 à 200 millions de livres environ.

Avec cette restriction budgétaire de 50 millions de livres par an, il sera de plus en plus difficile aux postulants auprès de l’Arts Council Lottery Fund (AC, pour l’art contemporain) et de l’Heritage Lottery Fund (HLF, pour l’art ancien) d’obtenir le financement de leurs projets. Les plus importants, tels les travaux portant sur les bâtiments des musées, risquent fort d’être les plus touchés. Cette  modification dans la répartition des recettes de la Loterie a lieu à la veille du second programme d’attribution de l’HLF, qui soutient les grands projets de développement des musées. Lors de la première session, en février dernier, 15 millions de livres avaient été alloués à 26 projets. Les conclusions de la seconde devraient être connues le 18 novembre, mais tout porte à croire que le HLF attribuera ses fonds avec plus de parcimonie.

Faire plus avec moins
Bien que le HLF et l’AC aient fait part en privé de leurs inquiétudes au ministère de la Culture, il apparaît clairement que la décision du gouvernement est irrévocable. Même si le HLF affiche une certaine résignation, il a néanmoins publié le mois dernier une déclaration soulignant que sa part des recettes de la Loterie diminuait au moment même où on lui demandait de financer une plus large gamme de projets : “En fait, on nous demande de faire plus avec moins”. L’Arts Council a lui aussi mis en cause les modifications apportées à la Loterie afin de justifier son retard dans la prise de décision concernant les grands travaux du South Bank Centre.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°48 du 21 novembre 1997, avec le titre suivant : La roue tourne pour le patrimoine anglais

Tous les articles dans Actualités

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque