La disparition de Donald Judd

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 28 juin 2010

Donald Judd est mort à New York le 12 février à l’âge de 65 ans. Fondateur et théoricien du minimalisme avec Robert Morris, il reçut une formation de plasticien et de philosophe.

Il est resté, sa vie durant, fidèle à ses premières analyses de l’art contemporain qu’il avait d’abord développées dans de nombreuses critiques d’art au début des années soixante. Dans son manifeste, De quelques objets spécifiques, paru en 1965, il jetait les bases d’un programme esthétique radical dont l’influence s’est exercée sur plusieurs générations d’artistes. Décrivant une alternative à la peinture et à la sculpture, c’est dans les œuvres d’Yves Klein, de John Chamberlain et surtout de Frank Stella qu’il puise des concepts fondamentaux qu’il a défendus avec un certain dogmatisme. Son œuvre, animée par un souci de cohérence et de rigueur qui ne s’est jamais démenti, s’est imposée en même temps que celles de Carl André et Dan Flavin.

Des principes rigides et systématiques présidaient à l’élaboration de ses œuvres auxquelles il entendait ainsi conférer une autonomie indiscutable. Fustigeant la "bigoterie culturelle", multipliant les polémiques avec les musées et les collectionneurs, et en particulier avec le comte Panza di Biumo, il avait créé en 1979, à Marfa dans le Texas, sa propre fondation, la Chinati Foundation, où sont exposées de façon permanente dans d’immenses espaces, ses propres œuvres et celles de Chamberlain, Flavin, André, Oldenburg, Serra parmi d’autres. Il venait de recevoir en décembre le prix Rembrandt à Amsterdam. Ses écrits ont été publiés en français par Daniel Lelong, chez qui il a exposé pour la dernière fois en 1991.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°1 du 1 mars 1994, avec le titre suivant : La disparition de Donald Judd

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