Vendredi 14 décembre 2018

La bataille du 1 O/OOO aux USA

L’avenir du NEA semble préservé

Le Journal des Arts

Le 18 avril 1997 - 405 mots

Des milliers de personnalités du monde de l’art et de l’éducation sont attendues le 19 avril pour une marche sur le National Mall de Washington en faveur de l’agence fédérale pour les subventions artistiques, le National Endowment for the Arts (NEA). Son avenir est menacé par les membres du Parti républicain alors que son budget ne représente qu’environ un dix millième du budget fédéral américain.

WASHINGTON - En trente ans, moins d’une cinquantaine de subventions distribuées par le National Endowment for the Arts (NEA), sur un total de 115 000 dotations, ont soulevé quelques critiques. Il n’empêche, les députés du Parti républicain ont programmé la disparition du NEA en 1997. Après avoir réduit son budget de 40 %, passé de 176 à 99,5 millions de dollars en 1996 (de 970 à 550 millions de francs), les républicains ont en effet décidé de ne plus lui verser de fonds fédéraux à partir du 30 septembre. Au cours de la première des sessions de la Chambre des représentants, la présidente du NEA, Jane Alexander, vient de rappeler "le rôle moteur du NEA vis-à-vis des autres organismes publics et privés qui financent les arts". Elle a également souligné que l’agence demeurait "la plus importante source de revenus publics pour les arts dans le pays", qu’elle avait pratiquement réduit son personnel de moitié, supprimé presque tout type de subvention individuelle et limité les dossiers de candidature à un par an et par personne.

Ces déclarations ont incité la presse nationale à conclure que la suppression du NEA avait perdu de son actualité, d’autant que le chef de la majorité républicaine à la Chambre des représentants, Richard Armey, a estimé publiquement qu’il ne pourrait recueillir la majorité nécessaire à la suppression des fonds octroyés au NEA. Louise Slaughter (démocrate, État de New York), présidente de l’Association parlementaire en faveur des arts (Congres­sional Members Orga­nisation for the Arts), pense également que le NEA sera maintenu en place, ne serait-ce qu’en raison des actions pédagogiques qu’il mène auprès des enfants. Bill Clinton propose de son côté de porter le budget de l’agence à 136 millions de dollars (750 millions de francs), comme il l’avait vainement préconisé en 1996, sans que personne ne puisse prévoir si une telle proposition sera acceptée cette fois-ci. Si le maintien du NEA semble assuré, les budgets qui lui seront alloués dépendront probablement des garanties qu’il offrira à ses détracteurs en matière de financement de projets artistiques contestés.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°36 du 18 avril 1997, avec le titre suivant : La bataille du 1 O/OOO aux USA

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