<i> Quatre musées à reconstruire</i>

Kobe, un an après le séisme

Il y a un an, au matin du 17 janvier, le vieux port de la ville de Kobe et la région avoisinante étaient victimes d’un séisme atteignant 7,2 degrés sur l’échelle de Richter. Le bilan du tremblement de terre s’élevait à 5 380 morts et 34 626 blessés, tandis que 159 544 maisons et immeubles étaient détruits. Par chance, le patrimoine artistique de la région a moins souffert qu’on avait pu le craindre, même si quelques musées et \"trésors nationaux\" ont été sérieusement endommagés ou détruits.

KOBE. Un rapport présenté par le Professeur Yoshimasa Kurabayashi au colloque sur les "Perspectives économiques du patrimoine culturel", qui s’est tenu au mois de novembre à Catane, en Sicile, a tenté d’évaluer les dégâts subis par le patrimoine artistique  mobilier et immobilier du Japon. Son rapport repose en partie sur les conclusions de la commission créée au mois de mars 1995, avec le soutien financier de la Fondation de la communauté d’Osaka et le Conseil pour le mécénat d’entreprise.

Le séisme a endommagé soixante musées de la région d’Hanshin. Le Musée de la céramique de la préfecture de Hyogo a été complètement détruit, et trois autres institutions devront être soit démolies (comme le Musée municipal de Kobe), soit presque entièrement restaurées (comme le Musée d’art moderne de la préfecture de Hyogo et le Musée du mémorial Ohtani de Nishinomiya).
Plusieurs musées de la région étant consacrés à la céramique, ce matériau fragile a particulièrement souffert. Quelque neuf cents pièces chinoises, d’une valeur de 100 millions de yens (environ 5 millions de francs), sont définitivement perdues. Au Musée Idemitsu d’Osaka, quatre pièces chinoises exceptionnelles, prêtées par la collection Baur de Genève, ont subi le même sort.

Mis à part les céramiques, les autres objets abrités dans les musées semblent avoir été moins touchés. Seuls vingt-deux sculptures, onze peintures et cinq bois gravés, d’une valeur totale de 22 millions de yen (environ 1 million de francs), ont été détruits. Cependant, dans la préfecture de Kyoto, épicentre du séisme, quatre des quarante-six bâtiments considérés comme "trésors nationaux" – ainsi qu’un objet sur les cent quatre-vingt-quinze recensés sous cette appellation – ont été endommagés par le séisme.

De l’avis du Pr. Kurabayashi, même si les dégâts infligés par le tremblement de terre au patrimoine culturel du Japon se révèlent relativement limités, il convient de s’interroger sérieusement sur les mesures de prévention, dont on a constaté l’inefficacité dans certains cas. À la suite du séisme, les musées ont demandé à ce que la protection des espaces d’exposition soit améliorée, ainsi que celle de la banque de données rassemblant les restaurateurs spécialisés à contacter en cas d’urgence. En définitive, les conséquences les plus sensibles du tremblement de terre affectent la vie artistique et culturelle du pays : cinq expositions ont dû être annulées à la suite de la catastrophe, et une augmentation des primes d’assurance couvrant les prêts est à craindre.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°21 du 1 janvier 1996, avec le titre suivant : Kobe, un an après le séisme

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