Mardi 11 décembre 2018

Paris

Kaléidoscope pour Nuit blanche

Le Journal des Arts

Le 24 septembre 2004 - 527 mots

 PARIS - Que l’on veuille danser sous la neige artificielle du Bal perdu de Pierre Ardouvin, assister au concert des Marmottes vocales au parc des Buttes-Chaumont, ou simplement partir en quête des sculptures, installations et objets disséminés dans les coins et recoins de Paris, il y en aura pour tous les goûts dans la nuit du 2 au 3 octobre, à l’occasion de la troisième Nuit blanche. Cette manifestation très suivie lors des deux précédentes éditions s’améliore cette année en termes d’information et d’accessibilité, notamment pour les handicapés, aux différents sites. Avec une programmation toujours plus importante – pour un budget global de 1,15 million d’euros –, l’idée reste de proposer un vrai événement populaire à la croisée du patrimoine et de la création contemporaine sous toutes ses formes (arts plastiques, vidéo, cinéma, danse, musique, littérature…) dans trois cents lieux parfois insolites. Dans cette multitude, de beaux moments se profilent, parmi lesquels L’Enfant qui s’envole – un jeune soliste venu du Maroc chantera suspendu devant l’Opéra Garnier – ou Les Danseurs de surfaces, une « chorégraphie pour engins » place de la Bataille-de-Stalingrad (19e arr.) qui fera intervenir les agents des services techniques de la Propreté de Paris. Seront aussi mis en lumière quelques grands projets urbains comme celui de la future ligne de tramway, ici ponctuée d’œuvres de neuf artistes parmi lesquels Michel Verjux, Marine Hugonnier et Melik Ohanian. En tout, trois cents artistes sont conviés à intervenir pour permettre aux Parisiens de vivre et découvrir la ville autrement. Le projet est sympathique et le programme séduisant. Bertrand Delanoë se félicite d’ailleurs que Nuit blanche fasse des petits dans d’autres capitales étrangères. Après Rome et Bruxelles, c’est au tour de Montréal, Toronto, Séoul, Varsovie et Barcelone de lancer la leur cette année. L’événement a lieu également dans quelques villes limitrophes de Paris, ainsi Les Lilas (Seine-Saint-Denis), Joinville-le-Pont (Val-de-Marne), Clichy (Hauts-de-Seine) et Versailles  avec des œuvres spécialement conçues pour le parc et le château par Jean-Michel Alberola, Marc Couturier, Daniel Buren, Franck Scurti ou Alain Séchas.
Plus qu’un véritable « fil rouge », le programme parisien suit trois grands axes, donnés par autant de directeurs artistiques. Ami Barak privilégie l’objet et la sculpture, sur une thématique liée à l’idée de nature. Nicolas Frize affirme sa volonté que « le spectateur devienne acteur de l’œuvre », en faisant la part belle à la musique, à la danse et à la littérature (Les Pensées géantes, square Alban-Satragne (10e arr.), avec des textes projetés au mur que le public pourra lire allongé sur des transats). Hou Hanru propose quant à lui une programmation tournée vers l’image animée, la vidéo et la musique électronique (Cité Sonic, à la Cité universitaire, 14e arr.). De nombreux musées ouvrent leurs portes une partie de la nuit pour permettre aux curieux une visite dans une ambiance inhabituelle, comme à la maison de Victor Hugo où les salles seront étrangement habitées de singes, de girafes et d’oies…
Impossible de tout citer ici, comme de tout voir cette nuit-là. Alors laissez-vous porter au gré des sons, des lumières et des images...

Nuit blanche

Du samedi 2 au dimanche 3 octobre, de 18 heures à 8 heures, programme sur www.paris.fr

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°199 du 24 septembre 2004, avec le titre suivant : Kaléidoscope pour Nuit blanche

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