Mardi 11 décembre 2018

galerie

Josseau, généalogie d’un crime

L'ŒIL

Le 1 avril 2000 - 252 mots

Séduit par la déferlante médiatique, Alain Josseau explore des images photographiques, vidéos ou cinématographiques au sein de peintures qui ne sont pas sans rappeler celles de Gerhard Richter. Un flou systématique établit une distance entre le sujet et sa représentation, abolit la distance entre figuration et abstraction. Son approche, sérielle, s’interroge sur la composition de l’image contemporaine, se posant en quelque sorte les questions suivantes : « Aujourd’hui qu’est-ce qu’une image ? Combien de signes faut-il pour qu’elle ait du sens ? »  Pendant deux ans Blow up, le film d’Antonioni, se révèle être une source d’inspiration pour l’artiste qui crée 50 tableaux, nés de l’étirement de la peinture, posée en différentes couches, tramée comme le sont les lignes d’un écran vidéo. Sa dernière série aborde un événement qui a fait couler beaucoup d’encre, sans doute le plus médiatisé de ces 40 dernières années : l’assassinat du président John Kennedy, dont on possède un film amateur 8 mm tourné par Abraham Zapruder. Ce plan cinématographique avait déjà fait l’objet en 1975 d’une approche artistique. The Eternal Frame réalisé par T. R. Uthco et Ant Farm était un document caustique sur la fascination des Américains pour le mythe, l’image télévisée. Se livrant à une véritable généalogie des faits, Alain Josseau a sélectionné un moment précis du film de Zapruder, opérant une dissection comptant 150 dessins à la mine de plomb, 9 grands dessins à l’aquarelle, et 22 toiles, menant ses œuvres aux frontières de l’image en mouvement.

TOULOUSE, galerie Sollertis, jusqu’au 29 avril.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°515 du 1 avril 2000, avec le titre suivant : Josseau, généalogie d’un crime

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